Les cyberattaques pourraient changer d’échelle sous l’effet des progrès de l’intelligence artificielle. Selon le National Cyber Security Centre (NCSC), l’agence britannique chargée de la cybersécurité, il est hautement probable que des logiciels malveillants utilisant l’IA soient employés dans des attaques par rançongiciel contre des infrastructures critiques du Royaume-Uni d’ici 2028.
Cette évolution concerne potentiellement de nombreux secteurs stratégiques, parmi lesquels les réseaux électriques, les établissements hospitaliers, les systèmes de transport et les services financiers. Une attaque réussie pourrait ainsi perturber des activités indispensables au fonctionnement de l’économie.
L’IA accélère les méthodes des cybercriminels
L’intelligence artificielle offre aux pirates informatiques de nouvelles possibilités pour préparer et exécuter leurs opérations. Elle peut notamment faciliter l’identification de vulnérabilités, automatiser certaines étapes des attaques ou contribuer au développement de programmes malveillants.
Les techniques d’hameçonnage et d’ingénierie sociale pourraient également gagner en efficacité grâce à la génération automatisée de messages frauduleux toujours plus convaincants.
Pour les autorités britanniques, le principal danger réside dans la rapidité et l’ampleur des attaques. Des faiblesses informatiques anciennes, jusque-là difficiles à exploiter massivement, pourraient désormais être détectées beaucoup plus facilement.
Cette situation souligne les limites des dispositifs de protection traditionnels, particulièrement dans les organisations utilisant des infrastructures vieillissantes.
Les entreprises appelées à renforcer leurs défenses
Face à ces perspectives, le NCSC encourage les entreprises à investir davantage dans la sécurisation de leurs systèmes informatiques. Richard Horne, directeur de l’agence, estime que les organisations doivent abandonner les stratégies privilégiant les économies immédiates au détriment de la sécurité.
Le gouvernement britannique entend également renforcer ses moyens de défense. Parmi les investissements annoncés figurent 60 millions de livres pour une première phase du dispositif national Cyber Shield et 70 millions de livres pour un centre consacré à l’identification des vulnérabilités informatiques.
L’intelligence artificielle représente toutefois aussi une opportunité pour les spécialistes de la cybersécurité. Les mêmes technologies peuvent être utilisées pour détecter plus rapidement des comportements suspects, identifier des failles et améliorer les capacités de réaction face aux incidents.
La multiplication des outils d’IA ouvre ainsi une nouvelle période de confrontation technologique entre cybercriminels et professionnels de la sécurité. Pour les entreprises comme pour les pouvoirs publics, l’enjeu sera de renforcer leurs dispositifs de protection suffisamment rapidement pour suivre l’évolution des menaces.







