Des freins persistants sur le terrain
Si la volonté politique semble bien présente, l’action locale reste confrontée à des obstacles concrets. Le manque de moyens financiers arrive en tête des difficultés citées. À cela s’ajoutent l’accumulation des urgences quotidiennes, le déficit de temps ou de compétences techniques, ainsi qu’une réglementation jugée instable.
Les disparités territoriales apparaissent nettement. Les élus des communes de plus de 10 000 habitants s’estiment mieux informés sur les questions énergétiques et climatiques que ceux des petites communes. Dans les villages de moins de 2 000 habitants, le sentiment de maîtrise du sujet est plus limité. De même, les élus ruraux se déclarent moins bien armés que leurs homologues métropolitains.
Malgré ces écarts, la majorité des répondants affirme avoir progressé dans ses connaissances au cours du mandat. La transition énergétique devient progressivement un champ de compétences incontournable pour les équipes municipales.
L’environnement, priorité du prochain mandat
La consultation révèle une montée en puissance de la question environnementale dans la hiérarchie des priorités. Pour 53 % des élus locaux et 60 % des maires, la préservation de l’environnement fait partie des trois enjeux les plus importants du mandat à venir.
Fait notable, cette priorité est particulièrement marquée aux deux extrêmes du spectre territorial : dans les très petites communes de moins de 500 habitants comme dans les grandes villes de plus de 100 000 habitants. Pour un élu sur cinq, l’environnement constitue même l’enjeu numéro un.
La dynamique s’intensifie lorsqu’il est question du futur mandat : près de sept élus sur dix considèrent que la préservation de l’environnement devra figurer parmi les trois priorités majeures des prochaines années. Ce chiffre est nettement supérieur à celui observé pour le mandat actuel.
Le rôle clé de la sensibilisation
L’étude souligne un lien clair entre niveau d’information et priorité politique. Plus les élus se sentent informés sur le changement climatique, plus ils placent la transition écologique au centre de leur action. L’acculturation apparaît ainsi comme un levier stratégique pour renforcer l’ambition locale.
Toutefois, un décalage subsiste entre perception politique et ressenti citoyen. Plus d’un tiers des élus déclarent ne pas savoir comment leur action est perçue par les habitants. Cette incertitude concerne particulièrement les élus des petites communes, les élus ruraux, les conseillers municipaux de la majorité ou encore les responsables ayant effectué un seul mandat.
Parmi ceux qui se prononcent, 35 % estiment que leur action est jugée adaptée, tandis que 16 % pensent qu’elle est perçue comme insuffisante.
Un écart avec l’opinion publique
Cette appréciation contraste avec les résultats d’une enquête réalisée en septembre 2025 par Odoxa. Selon cette étude consacrée à la relation entre citoyens et maires, 77 % des Français considèrent que leur maire n’en fait pas assez en matière de transition écologique.
Ce décalage met en lumière un défi politique majeur : rendre visibles les actions engagées, mieux expliquer les contraintes et associer davantage les habitants aux décisions locales.
La transition énergétique et climatique s’impose désormais comme un marqueur structurant de l’action municipale. Entre volonté affichée, contraintes opérationnelles et attentes citoyennes élevées, les prochains mandats locaux seront déterminants pour traduire les ambitions nationales en transformations concrètes sur le terrain.