Pandémie de Covid-19, flambée des prix de l’énergie, forte inflation : le mandat entamé en 2020 n’a pas été de tout repos pour les exécutifs locaux. Pourtant, le bilan financier du « bloc communal » apparaît, selon l’élu Renaissance, globalement positif.
Une épargne en nette progression
Entre 2019 et 2025, l’épargne brute – soit la différence entre les recettes et les dépenses de fonctionnement – a progressé de 17,3 %, atteignant 21,7 milliards d’euros. L’épargne nette, qui correspond à cette épargne brute diminuée des remboursements d’emprunts, a augmenté encore plus fortement : +22,5 %, pour s’établir à 12,3 milliards d’euros.
Pour Jean-René Cazeneuve, cette amélioration s’explique par plusieurs facteurs : des « efforts de gestion » de la part des élus, une dynamique favorable de la fiscalité locale, notamment grâce à la revalorisation automatique des valeurs locatives, ainsi qu’un soutien de l’État.
En 2025, les indicateurs resteraient « au vert ». L’épargne brute du bloc communal aurait progressé de 1,9 % sur un an, avec des recettes réelles de fonctionnement en hausse équivalente, soit un rythme supérieur à l’inflation (+0,9 %).
Le rebond des droits de mutation à titre onéreux – perçus lors des transactions immobilières – a également contribué à cette embellie, avec une hausse estimée à 16,6 % après deux années de recul.
Un niveau d’investissement record
Autre point mis en avant : la dynamique d’investissement. En 2025, les communes et intercommunalités auraient atteint un niveau « record », avec une progression de 6,6 % par rapport à 2024.
Sur l’ensemble du cycle électoral 2019-2025, l’investissement total aurait augmenté de 23,8 %. Une évolution classique à l’approche des municipales, période durant laquelle les projets d’équipement se multiplient.
Les communes apparaissent particulièrement solides en 2025, avec une épargne brute en hausse de 3,7 %, à 14,8 milliards d’euros. Les intercommunalités, en revanche, enregistreraient un recul de leur capacité d’autofinancement de 3,5 %, à 6,8 milliards d’euros.
Des marges de manœuvre… sous conditions
Les niveaux de trésorerie demeurent élevés : 26,8 milliards d’euros pour les communes et 10,2 milliards pour les intercommunalités. La capacité de désendettement du bloc communal reste modérée, estimée à 4,6 années, un niveau jugé soutenable.
Pour Jean-René Cazeneuve, ces éléments permettent d’affirmer que les élus disposeront « globalement des moyens de continuer d’investir et de déployer leurs politiques » lors du prochain mandat.
Toutefois, l’horizon n’est pas exempt de défis. Les intercommunalités seront davantage mises à contribution dans le cadre du redressement des comptes publics. L’impact de la loi de finances est estimé à 1,62 milliard d’euros pour ces structures en 2026.
Par ailleurs, un « petit avertissement » est formulé concernant la trajectoire des dépenses de fonctionnement, en hausse de 2 % en 2025, soit un rythme supérieur à l’inflation. Les frais de personnel ont progressé de 2,6 %, sous l’effet notamment de la hausse des cotisations employeurs à la Caisse nationale de retraites des agents des collectivités locales et du développement de la protection sociale complémentaire.
Un mur d’investissements à venir
Au-delà des indicateurs actuels, les collectivités locales font face à un « mur d’investissements », en particulier pour financer la transition écologique : rénovation énergétique des bâtiments publics, mobilités durables, adaptation au changement climatique.
Si la situation financière apparaît plus solide que certains discours alarmistes ne le suggèrent, les disparités entre territoires restent importantes. Certaines collectivités disposent de marges confortables, quand d’autres doivent composer avec des bases fiscales plus étroites et des charges structurelles élevées.
À l’approche des municipales, le débat ne porte donc pas uniquement sur l’état des comptes, mais aussi sur les priorités d’investissement et la capacité à absorber de nouvelles contraintes budgétaires.
Le mandat écoulé aura démontré une certaine résilience des finances locales. Reste à savoir si cette solidité relative permettra aux élus de répondre aux attentes croissantes en matière de services publics et de transition environnementale, dans un contexte budgétaire national toujours contraint.
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