Des tarifs modifiés qui fragilisent les professionnels
Jusqu’ici, les taxis conventionnés assuraient une grande partie des transports de patients. Selon la Fédération nationale du taxi (FNDT), près de 85 % des chauffeurs pratiquent cette activité, qui représente en moyenne la moitié de leur chiffre d’affaires — et jusqu’à 80 % pour certains.
Mais les règles ont changé. Le forfait de prise en charge a été harmonisé au niveau national et légèrement revalorisé, tandis que les trajets « à vide » après avoir déposé un patient sont désormais très mal indemnisés. Pour de nombreux chauffeurs, l’équation économique ne tient plus. Certains affirment avoir perdu jusqu’à 40 % de revenus en quelques semaines.
C’est ce que confirme Dominique Buisson, représentant de la Fédération des taxis : « C’est une logique d’entreprise. Quand ce n’est plus viable financièrement, on arrête. Nous avons déjà dû licencier pour tenter de sauver l’activité. On parle de 60 000 taxis en danger. »
Des familles contraintes d’improviser pour assurer les soins
Cette réorganisation bouleverse le quotidien des patients les plus vulnérables. Dans plusieurs départements — Somme, Eure, Pays basque — certains taxis ne prennent plus aucun trajet sanitaire. En région parisienne, les difficultés sont particulièrement aiguës.
Clémence, six ans, atteinte de trisomie 21, en fait les frais. Jusqu’ici, elle se rendait deux fois par semaine seule en taxi dans ses centres de rééducation. Mais au début du mois, ses deux transporteurs habituels ont annoncé qu’ils arrêtaient.
« On est démunis, on n’a pas de plan B. Soit on assure nous-mêmes, soit Clémence ne va pas à la rééducation », explique sa mère Jessica. L’un des chauffeurs a accepté de continuer temporairement, contre une compensation financière, normalement interdite. Pour le second trajet, la famille improvise : son mari a dû annuler un déplacement professionnel pour assurer le transport. « D’une semaine à l’autre, on s’arrange comme on peut », confie-t-elle. Une lettre adressée à la ministre de la Santé est restée sans réponse.
Des centres de soins eux aussi plongés dans la difficulté
Les établissements médicaux voient également leur organisation menacée. Dans le sud francilien, Jean-François Gey, directeur d’un important centre médico-psycho-pédagogique, affirme qu’aucun taxi ne dépose plus les enfants depuis le 1er novembre. Pour éviter une rupture de soins, il a dû financer un système de transport alternatif.
« Nous avons sollicité des sociétés privées de transport et mis en place des trajets pour 5 000 euros par mois. Mais nous n’avons pas de budget pour ça. On prend le risque que tout s’effondre pour des enfants déjà en grande difficulté. »
Dans certains centres, des salles ont été transformées en espaces de coworking pour permettre aux parents d’accompagner leurs enfants tout en continuant à travailler sur place.
Les autorités dénoncent des arrêts « délibérés »
Face à ces situations, le ministère de la Santé et l’Assurance maladie condamnent ce qu’ils qualifient de « carences organisées ». Pour eux, la suspension soudaine de certaines prises en charge va à l’encontre des engagements pris par les taxis lorsqu’ils se conventionnent.
L’Assurance maladie estime par ailleurs que la réforme, une fois stabilisée, permettra à une « grande majorité » des taxis d’être mieux rémunérés qu’auparavant, selon les territoires et l’activité réelle.
Les caisses primaires invitent les patients en difficulté à signaler tout incident. Un bilan global avec l’ensemble des acteurs est prévu en mars afin d’évaluer les dysfonctionnements et les ajustements nécessaires.











Je n’arrive pas à croire qu’on en est là! Comment les familles vont-elles s’en sortir? 😢
Pourquoi les autorités n’ont-elles pas anticipé les effets secondaires de ces nouveaux tarifs?
Si les taxis perdent 40 % de leurs revenus, comment peuvent-ils continuer à travailler?
Super article! Merci de mettre en lumière ce problème. 💡
C’est scandaleux que la ministre de la Santé n’ait pas encore répondu à cette crise!
Les chauffeurs de taxi sont des héros méconnus. Merci pour votre service! 🚖
Peut-être qu’on devrait penser à des solutions de covoiturage pour les trajets médicaux?
Je suis choqué par le manque de préparation des autorités. Qui gère ça?!
Les centres de soins qui se transforment… On dirait un épisode de série médicale! 😂