Quand une cyberattaque frappe, tout s’arrête : serveurs inaccessibles, fichiers effacés, production bloquée. Pour les entreprises touchées, c’est une course contre la montre où la moindre action peut sceller la survie du système. « La récupération des données est centrale dans la reprise d’activité, mais son rôle reste encore mal identifié », explique Samuel Durand, cofondateur et directeur technique de Databack, société française experte de la restauration post-cyberattaque. Forte de près de vingt ans d’expérience, l’entreprise est intervenue auprès de plusieurs centaines d’acteurs publics et privés.
Une menace généralisée et une impréparation persistante
Aucun secteur n’est épargné. En septembre 2024, le groupe Bayard a subi un rançongiciel paralysant plusieurs de ses rédactions, dont La Croix. En octobre, Libération a vu ses serveurs compromis, et en novembre, Le Point a découvert sur le dark web la vente de données confidentielles d’abonnés. Dans le monde académique, l’Université Paris-Saclay a déploré une fuite estimée à plus d’un téraoctet. Même scénario dans la santé : en mai 2025, le CHU de Cannes rejoignait la longue liste des établissements touchés.
L’ANSSI, dans son Panorama 2024 de la cybermenace, a recensé près de 4 500 incidents, soit une hausse de 15 % en un an. La CNIL a de son côté reçu plus de 5 500 notifications de violations de données, en progression de 20 %.
Ces chiffres illustrent une tendance : l’impréparation reste la norme. Seule une PME sur dix dispose d’un plan de continuité, 40 % des dirigeants ignorent les procédures à suivre et la moitié n’a aucune politique de sauvegarde. Pourtant, le coût moyen d’une perte de données peut atteindre 50 000 € pour une PME française, et plusieurs millions pour un grand groupe.
À cette impréparation s’ajoute une criminalité mieux structurée. En mai 2025, Europol et Eurojust ont démantelé une demi-douzaine de groupes spécialisés dans la revente d’outils de rançongiciels, révélant l’ampleur du modèle ransomware-as-a-service (RaaS) : des kits d’attaque prêts à l’emploi, loués à des cybercriminels peu expérimentés. Ce modèle illustre l’industrialisation du cybercrime : les attaquants louent désormais des outils prêts à l’emploi, capables de frapper en quelques heures seulement.
Les premières heures : un moment décisif
Les autorités ne cessent de le rappeler : la réaction à chaud détermine souvent l’issue. Le portail gouvernemental France Num conseille notamment de ne pas éteindre les équipements après une attaque, pour préserver les traces utiles à l’analyse. Dans les premières heures, tout se joue : chaque action non maîtrisée peut effacer les dernières traces exploitables et compromettre toute récupération ultérieure.
Le CERT-FR confirme que les gestes précipités — redémarrage, suppression de fichiers, déconnexion brutale — réduisent considérablement les chances de restauration. Selon un rapport Cyber Signals de Microsoft, 8 vols de données sur 10 sont évitables, la plupart liés à des configurations défaillantes, à des mises à jour non appliquées ou à l’absence d’authentification multifactorielle. Autrement dit, la majorité des attaques pourraient être contenues sans surcoût technique majeur, si les bonnes pratiques étaient intégrées à temps.
Samuel Durand résume : « Même une petite structure peut limiter les dégâts avec des gestes simples. Appliquer la règle du 3-2-1 — trois copies, deux supports différents, dont une hors site —, c’est déjà se donner une vraie chance de redémarrer. »
La montée en puissance des acteurs de la récupération
Face à la multiplication des attaques, une filière française de la cyber-résilience se structure. Autour d’acteurs comme Formind, Rest Solution ou Databack, se consolide un réseau d’experts couvrant l’ensemble du cycle de crise : audit, diagnostic, récupération à froid et restauration RGPD-compatible.
Cette montée en puissance traduit un basculement : la cybersécurité ne se limite plus à la défense, mais à la reprise rapide, pour rétablir la continuité d’activité et améliorer la « confiance numérique », un impératif vital pour les PME françaises. Databack revendique par exemple un taux de récupération compris entre 90 % et 100 %. Un chiffre que Samuel Durand explique par « une vigilance constante pour réussir à s’adapter aux modes opératoires des attaquants et savoir s’entourer quand cela arrive . »
Parce qu’au-delà des protections techniques, la vraie différence se joue souvent dans la préparation et la réactivité : la capacité à garder la tête froide, identifier les bons interlocuteurs et agir vite. Et, surtout, à comprendre qu’en cybersécurité, prévenir ou réparer relèvent du même réflexe : anticiper.









Merci pour cet article ! Je ne savais pas que les PME étaient si vulnérables. 😱
Est-ce que les entreprises françaises prennent vraiment ce problème au sérieux ? On dirait pas…
Je me demande si mon entreprise a un plan de continuité… Je vais vérifier dès demain matin !
C’est fou de voir à quel point les données peuvent être compromises si facilement. 😰
Et dire que certaines entreprises n’ont même pas de sauvegarde… C’est insensé !
Intéressant, mais pourquoi l’article ne parle-t-il pas des solutions possibles pour les petites entreprises ?
Les cybercriminels sont vraiment bien organisés, c’est effrayant…
Bon article, mais je reste sceptique sur l’efficacité des mesures proposées.
Bravo à Databack pour leur travail en restauration post-cyberattaque ! 💪
Est-ce que les ransomwares sont vraiment si fréquents en France ? Ça fait peur…