Memphis Meats et sa viande artificielle lèvent 161 millions de dollars

Memphis Meats et sa viande artificielle lèvent 161 millions de dollars
Financements

La start-up américaine Memphis Meats, qui a développé des boulettes de viande obtenues à partir de cellules animales cultivées en laboratoire – une véritable « viande artificielle » – vient d’annoncer une levée de fonds de 161 millions de dollars, auprès de fonds d’investissements, de grande figures de l’innovation et de groupes agro-alimentaires. Objectif : industrialiser à court terme sa technologie.

Cultiver de la viande en laboratoire, à partir de cellules prélevées sur des animaux, sans avoir recours à l’élevage (dont les conséquences environnementales et éthiques sont de plus en plus durement critiquées) : si le procédé sent un peu la SF de bas étage, il permettrait effectivement une révolution dans les modes de production humains.

Memphis Meat : cultiver la viande avec des machines pour ne plus élever (et tuer) d’animaux

Pour peu que ces « usines à viande » aient un impact environnemental plus réduit que l’élevage (faire pire que ce dernier semble difficile), la solution serait idéale. Elle convainc ainsi une majorité des défenseurs du bien-être animal. Produire du bœuf, du poulet ou du canard sans avoir à tuer de bœuf, de poulet ou de canard : est-ce l’avenir ?

C’est en tout cas une vision sur laquelle la start-up Memphis Meats s’est positionnée en leader mondial, et de très loin. La jeune pousse originaire de Berkeley, en Californie, avait défrayé la chronique en 2016 en présentant une boulette de viande artificielle, obtenue à partir de cellules prélevées sur des animaux et cultivée en machine. Elle propose aujourd’hui des boulettes de bœuf, de poulet et de canard obtenues selon ce procédé.

Des boulettes issues exclusivement de cellules animales, et pas une viande de synthèse

Il ne s’agit pas de la même approche qu’une start-up comme Impossible Food, qui développe de la viande de synthèse, à partir de protéines végétales et de divers additifs leur donnant le goût et la consistance de « vraie » viande – et qui a déjà réussi à la produire industriellement, sur des petits réseaux. La « viande » d’Impossible Food ne possède donc pas l’ombre d’une protéine d’origine animale.

Memphis Meats, au contraire, part de cellules animales et les cultive, afin qu’elles se multiplient pour obtenir ces fameuses boulettes. La jeune pousse n’a pas encore industrialisé son procédé, et n’a donc encore commercialisé aucun gramme de sa viande artificielle.

Levée de fonds de 161 millions de dollars

Mais cela devrait changer assez rapidement. Memphis Meats entend en effet passer à la vitesse supérieure, et vient pour cela de réaliser un tour de table de 161 millions de dollars (146 millions d’euros).

La levée de fonds est menée par trois fonds d’investissement d’ampleur mondiale, SoftBank, Norwest et Temasek. Mais aussi de plusieurs personnalités de premier plan : citons le fondateur de Microsoft, Bill Gates, le créateur de Virgin, Richard Branson, ou encore Kimbal Musk, le petit frère d’Elon, un entrepreneur philanthrope possédant une chaîne de restaurant communautaire. L’industrie de l’agroalimentaire est également présente via les géants américains Cargill et Tyson Food.

« Cette technologie est déjà là plutôt que dans un avenir lointain »

« Pour l’ensemble de l’industrie, un investissement de cette taille renforce la confiance dans l’idée que cette technologie est déjà là plutôt que dans un avenir lointain », note Bruce Friedrich, directeur de The Good Food Institute, un organisme promouvant les alternatives à la viande et au poisson.

La levée de fonds devrait permettre à Memphis Meats de mettre sur pied une usine de production, et, à moyen terme, de lancer ses premiers produits sur le marché. La start-up est d’ailleurs en pleine négociation avec les agences sanitaires américaines pour obtenir un agrément à la commercialisation de sa viande artificielle. Le procédé est encore très cher et loin de la rentabilité. Mais il semble faire partie du sens de l’histoire.

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