Start-up : le président Macron veut ses 25 licornes en 2025…

Start-up : le président Macron veut ses 25 licornes en 2025…
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Le président de la République Emmanuel Macron vient d’annoncer la création d’un fonds de 5 milliards d’euros sur 3 ans, destiné à soutenir les start-up françaises nécessitant de gros investissements pour leur développement. L’objectif du président : 25 licornes en 2025.

Le mardi 17 septembre 2019, en préambule au rassemblement France Digitale Day, le président de la République Emmanuel Macron a annoncé sa volonté de doper la croissance des jeunes pousses hexagonales à fort potentiel, via un investissement de 5 milliards d’euros en 3 ans.

France : un écosystème propice à l’émergence des start-up…

Il est parti du constat que la France disposait d’un excellent environnement pour soutenir les jeunes pousses dans les premières étapes (cruciales) de leur croissance. L’effet catalyseur de Bpifrance a joué à plein, et les fonds d’investissement pouvant financer une start-up jusqu’à hauteur de plusieurs millions d’euros sont légions.

De plus, l’écosystème français est dynamique, porté par des écoles (d’ingénieur notamment) parmi les meilleures du monde et un soutien des pouvoirs publics, notamment via les nombreux incubateurs. Si bien que les montants levés par les start-up françaises est en très forte augmentation : 2,8 milliards d’euros en 2017, 3,6 milliards en 2018, probablement près de 5 milliards en 2019…

… mais pas à leur développement international

Mais les limites du système français sont atteintes quand une jeune pousse veut changer de catégorie – avec les levées de fonds correspondant. En France, « il n’y a pas de gros fonds (d’investissement) capable de mettre 50, 100 ou 200 millions d’euros.  Or quand vous êtes dans le numérique, il faut tout de suite penser à conquérir le monde » expliquait récemment Olivier Novasque, ancien vice-président de l’association professionnelle Tech in France.

Beaucoup de start-up françaises sont, dès lors, obligé d’avoir recours à des fonds américains pour changer de dimension. Mais le problème n’est pas spécifiquement français : l’Union européenne ne représente que 10 % des 200 plus grandes entreprises technologiques, des licornes et des montants levés par les start-up dans le monde.

« Vous avez les idées, il faut vous apporter les capitaux pour réussir »

Pour changer de paradigme, Emmanuel Macron a annoncé la création d’un fonds de 5 milliards d’euros, financée à hauteur de 3 milliards par les grands groupes d’assurance et deux milliards par le capital risque. Bpifrance va ainsi investir 1 milliard d’euros sur trois ans, via notamment les fonds Partech et Gaia Capital Partners. Axa va créer un fonds late stage (les fonds destinés à des investissements chiffrés en dizaines de millions d’euros), qui mettre lui aussi 1 milliard d’euros sur le marché en 3 ans.

L’écosystème a donc répondu présent à l’appel du président : « Vous avez les idées, il faut vous apporter les capitaux pour réussir. Je suis convaincu que la dynamique ne fait que commencer… mais il fallait qu’elle commence. La capacité à lever des fonds, c’est celle de réussir plus vite, d’avoir des startups qui grandissent plus vite et plus fort et la possibilité de garder nos champions, les faire croître et créer de l’emploi » s’est exclamé Emmanuel Macron devant son auditoire favori, des entrepreneurs.

« La bataille que nous sommes en train de mener,  c’est celle de la souveraineté »

Il a d’ailleurs précisé que cet investissement était nécessaire, dans un moment-clé de la révolution numérique : « La bataille que nous sommes en train de mener,  c’est celle de la souveraineté. Si nous ne construisons pas des champions dans tous les nouveaux segments, le digital, l’intelligence artificielle, nos choix ne seront plus souverains et seront dictés par d’autres ».

L’ambition de ce plan est que la France ne dépende pas de technologies étrangères, et surtout pas de ces « grands champions américains ou chinois qui opèrent dans des environnements de moins en moins concurrentiels, monopolistiques ou oligopolistiques », selon les mots du président.

Objectif : 25 licornes en 2025

L’objectif est clair et parlant : à horizon 2025, la France doit réunir 25 licornes (ces start-up non entrées en Bourse et valorisées à plus d’un milliard de dollars). La France en compte actuellement sept, toutes d’impressionnantes réussites entrepreneuriales : Blablacar, Deezer, Doctolib, Ivalua, Meero, Veepeee (ex-Vente-privee), OVH.

« Si vous voulez changer le monde, ce n’est pas le pire endroit pour le faire », a conclu, enthousiaste, Emmanuel Macron.

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