Les drones peuvent-ils changer le monde…et le marché ?

Les drones peuvent-ils changer le monde…et le marché ?
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Le marché des drones va connaître un véritable âge d’or, notamment sur le segment professionnel. Le besoin d’investisseurs est réel, particulièrement lors des premiers tours de table, si l’on veut voir émerger de futurs géants du secteur.

Sauvés par un drone : à la fin du mois de juin dernier, plus d’une centaine d’enfants vivant dans une région reculée du Ghana, en Afrique, ont été secourus par l’arrivée d’un drone de la société Zipline. Atteints de diarrhées aiguës, les écoliers, qui ne bénéficiaient ni d’un centre de santé local ni de moyens de transport adéquats, ont tous reçu une dose de sels de réhydratation, un traitement convoyé en un temps record par l’appareil volant. La preuve, s’il en fallait encore, que le meilleur de la technologie, en s’affranchissant des contraintes logistiques ou énergétiques, peut rendre des services très concrets, voire sauver des vies.

A l’instar de nombreuses jeunes pousses spécialisées dans les drones, Zipline a reçu le soutien d’investisseurs visionnaires : The Rise Fund, Goldman Sachs, Toyota Tsusho Corp ou encore SGH Capital, une holding d’investissement pilotée par le Français Alexandre Azoulay. Fondé il y a quelques années à peine, SGH Capital a accompagné les premiers pas de start-up ayant réalisé de belles levées de fonds comme Wynd, Zume Pizza, ou encore Fretlink. Une confiance qui paie, le fonds d’investissement ayant multiplié, de manière exponentielle, sa mise de départ.

Un marché prometteur, qui se professionnalise

Est-ce le destin qui attend ZipLine? Cette hypothèse n’est pas exclue. Le marché des drones est, en effet, appelé connaître un véritable âge d’or. Selon un article de Business Insider, les revenus du secteur devraient ainsi passer de 8 milliards de dollars en 2016 à 12 milliards d’ici à 2021, à la faveur de la professionnalisation constante du marché et de régulations nationales de plus en plus accommodantes. A terme, les livraisons de drones destinés à un usage professionnel devraientdépasser celles des engins conçus pour les particuliers – un marché de loisir qui devrait néanmoins quadrupler en raison de la féroce compétition entre les acteurs du secteur et de la baisse continue des prix.

Avec des applications aussi diverses que l’agriculture, l’énergie, la construction, la santé, les assurances, le cinéma et, bien entendu, la sécurité, ne risque-t-on pas cependant de poser les conditions d’une véritable « guerre du ciel » au-dessus de nos villes et de nos campagnes ? Ici encore, les progrès technologiques nous permettent d’envisager l’avenir avec sérénité : de plus en plus systématiquement équipés de dispositifs de geofencing et anti-collision, les drones nouvelle génération ont tout pour rassurer les autorités et régulateurs du ciel. L’OACI (Organisation de l’Aviation Civile Internationale) se penche depuis 2008 sur les cas des drones, et devraient accoucher, bientôt, d’une réglementation au moins aussi sécurisée que celle de l’aviation. De quoi rassurer les sceptiques.

En France, prendre le drone en vol ?

Comme tout marché disruptif, le secteur des drones est en mouvement constant. De ce fait, les acteurs historiques sont souvent, et parfois très rapidement, distancés. En témoignent les échecs retentissants de certains projets portés par de petites structures, des inventeurs bricolant dans leur garage ou encore, de manière plus surprenante, de multinationales comme GoPro, dont le projet de drone s’est soldé par un véritable fiasco. Difficile, aujourd’hui, de se faire une place au soleil entre les mastodontes dominant le marché que sont le chinois DJI et le tricolore Parrot.

Difficile, mais pas impossible. D’après Goldman Sachs, le nombre de drones grand public devrait passer de 450 000 en 2014 à plus de 7 millions à l’horizon 2020. La banque américaine évalue également, avec sans doute un peu trop d’optimisme, le marché professionnel des drones à 100 milliards de dollars à la même date. Le besoin d’investisseurs est donc réel, notamment lors de la phase de « seeding », ou premier tour de table, qui permet aux startups de décoller. C’est grâce à cet indispensable soutien que naîtra, peut-être, le géant des drones de demain.

Crédit photo: Christian Langenhan

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