Neuralink : soigner (et améliorer) le cerveau grâce à des puces neuronales

Neuralink : soigner (et améliorer) le cerveau grâce à des puces neuronales
Innovation

Durant une conférence très attendue, le fantasque Elon Musk a détaillé les recherches concrètes de la start-up Neuralink, qu’il a fondé en 2017, et qui vise à implanter des puces neuronales et des fils dans le cerveau. Le but à court terme : soigner les maladies liées au cerveau. Le but à long terme : implanter de l’IA dans nos têtes, pour faire de nous des « humains augmentés ».

S’il y a bien un entrepreneur qui conjugue au futur proche les thèmes chers à la science-fiction, dans le but d’améliorer la condition de l’espèce humaine, c’est bien Elon Musk. Voitures électriques et autonomes (Tesla), fusées et voyages spatiaux (SpaceX), transports à très grande vitesse dans des tubes (Hyperloop), le fantasque Canadien fourmille d’idées mêlant hi-tech et résolution des problèmes de notre temps.

Neuralink dévoile ses ambitions pour le cerveau humain

Au niveau médical, sa principale création demeurait la plus mystérieuse. Fondée en 2017, la start-up Neuralink veut s’attaquer aux déficiences du cerveau humain. A sa création, Musk avait décrit le procédé sur lequel s’appuierait la jeune pousse (implanter des fils dans le cerveau, reliés à une puce) comme de la « dentelle neurale » (neural lace), un terme emprunté à Iain M. Banks, un auteur de science-fiction.

Mais, le mardi 16 juillet 2019, Neuralink a décidé de se dévoiler, et de préciser ses axes de recherche. Dans cette conférence diffusée en direct sur YouTube, Musk et son équipe ont détaillé leurs avancées et objectifs. Dans l’ordre de la flèche du temps : comprendre et traiter les maladies cérébrales (court terme) ; préserver et améliorer notre cerveau (moyen terme) ; et enfin, créer un meilleur futur – soit l’objectif, à long terme, d’à peu près toutes les créations d’Elon Musk.

Résoudre les maladies liées au cerveau et aux nerfs

Au-delà, cette conférence avait une destination bien plus pragmatique, révélée par l’entrepreneur après coup : «  La principale raison de cette présentation est de recruter. Nous voulons avoir les meilleurs talents du monde à Neuralink » a exposé Elon Musk.

Concernant les applications médicales, Neuralink semble avoir considérablement avancé, puisqu’elle annonce les premiers traitements pour « bientôt ». Ils concerneraient les déficiences visuelles ou auditives, ou les problèmes de motricité. Mais l’objectif est plus ambitieux encore : soigner le cancer, la maladie de Parkinson, et toutes les maladies et accidents liés aux nerfs. « Nous pouvons résoudre tout cela… avec une puce » s’enthousiasme Musk.

Implanter puces et fils neuronaux dans le cerveau

Une puce… et des fils. Neuralink s’appuie en effet sur l’implantation de fils très fins (entre 4 et 6 μm) dans le tissu cérébral, à travers un procédé similaire à de la couture en dentelle. La start-up affirme avoir créé un robot «  capable d’insérer six fils (192 électrodes) par minute ». Concernant la puce, elle doit pour l’heure être installée en perçant la boite crânienne, mais Neuralink envisage de remplacer cette technique par du laser.

Pour l’heure limitée à l’expérimentation animale, sur des rats et, peut-être, un singe, Neuralink espère, selon Musk, passer à l’expérimentation humaine fin 2020. Il vaut mieux se méfier, tout de même : l’entrepreneur, très enthousiaste, a tendance à faire ses annonces (notamment celles concernant le calendrier) en rêvant un monde idéal.

Demain, des « humains augmentés » par une « symbiose avec l’intelligence artificielle » ?

Mais cette conférence a également dévoilé un autre contour de l’ambition de Neuralink. Celle de faire de nous de véritables « humains augmentés », via « une sorte de symbiose avec l’intelligence artificielle ». Cet objectif n’est pas, pour Musk, incompatible avec ses craintes sur le développement de l’IA, au contraire. Il s’agit même d’un garde-fou : en améliorant les capacités humaines via l’IA, Neuralink entend nous « mettre à niveau », et éviter que nous soyons dépassé par des IA devenue toute puissante.

Muscler notre cerveau à l’IA pour éviter un scénario à la Terminator ? Oui, c’est à peu près cela.

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