Conduite autonome : pourquoi Tesla pourrait rafler la mise

Conduite autonome : pourquoi Tesla pourrait rafler la mise
Innovation

Lors d’une conférence, appelée à devenir périodique, Elon Musk et les ingénieurs de Tesla ont fait le point sur les avancées technologiques du constructeur automobile. Ils ont mis en avant leur stratégie sur le véhicule autonome : un processeur surpuissant, une IA s’appuyant sur la reconnaissance d’image et un déploiement natif sur l’ensemble des véhicules de la marque. De quoi s’imposer immédiatement.

Certes, en matière de conduite autonome, l’Intelligence Artificielle (IA) de Weymo, le projet de Google, est actuellement la plus experte, celle qui a parcouru le plus de kilomètres et qui réagit le mieux aux imprévus. Mais Tesla dispose actuellement d’un ensemble d’atouts qui devrait lui permettre de damer le pion à tous les autres constructeurs automobiles.

Premier « Tesla Autonomy Day »

C’est ce qui ressort de la première édition de sa « Journée de l’autonomie » (« Tesla Autonomy Day »), qui a eu lieu fin avril 2019, une conférence technique sur les avancées de la marque sur ce sujet. Elle devrait devenir régulière.

Durant 4 heures, Elon Musk et ses ingénieurs ont exposé pourquoi Tesla disposait d’un avantage conséquent sur ses concurrents sur ce marché d’avenir. Le pilier de cette ambition est l’ordinateur de bord, le Full Self-Driving (FSD). Développé à l’origine en collaboration avec Mobileye, il s’agit désormais d’un matériel propriétaire, construit et géré à 100% par Tesla.

Le FPS, un ordinateur surpuissant qui équipe déjà toutes les Tesla

Il équipe depuis le 12 avril toutes les voitures Tesla produite. Et permettra, par une simple mise à jour, de rendre lesdites voitures autonomes, dès que le législateur l’autorisera.

Là où les autres futures voitures autonomes ne sont que des prototypes, appelés à une potentielle industrialisation en cas de succès, Tesla installe l’ensemble du hardware nécessaire sur toutes ses voitures. De quoi donner un coup (voire plusieurs) d’avance à l’entreprise d’Elon Musk quand l’heure de la voiture autonome viendra.

Le logiciel de conduite de Weymo, aussi bon soit-il, devra bien être installé dans des voitures pour donner toute la mesure de sa qualité… Alors que toutes les Tesla possèderont déjà l’Autopilot.

Préférer la reconnaissance d’image à la modélisation de l’environnement

Second avantage sur les concurrents – y compris Weymo : là où Google (et la majorité des autres concurrents de Tesla) utilise des capteurs en toiture pour modéliser le monde qui entoure la voiture et chercher à s’y déplacer, l’Autopilot fonctionne sur la reconnaissance d’images. A l’aide d’un ensemble de caméras, l’IA de Tesla identifie en temps réel l’environnement de la voiture, avec une précision que n’aura jamais Weymo.

Le but est d’anticiper un imprévu que l’IA est capable de reconnaître – ou même de le prévoir, grâce à son apprentissage. Ces données, pour être pertinentes, doivent être traités en temps réel par l’ordinateur de la voiture.

La puce la plus puissante du monde

L’IA de l’Autopilot nécessite donc une puissance de calcul phénoménale pour être efficace. Le FPS s’appuie pour cela sur une architecture redondante avec deux processeurs neuronaux, une dizaine de CPU et des GPU adaptés au traitement d’images, qui comparent en permanence leurs résultats (système de sécurité). Les données sont également cryptées.

Au final, cela fait du FPS un monstre de puissance. La carte processeur la plus puissante de nVidia, champion du monde en la matière, développe une puissance de 21 TéraFlops. Le FPS annonce 144 TéraFlops – presque 7 fois plus rapide ! Ce chiffre permet également de mesurer le défi qui attend les autres constructeurs automobiles pour installer un tel processeur dans leurs futures voitures autonomes.

Une batterie au niveau

L’autre enjeu, pour développer une telle puissance de calcul, est d’alimenter ce harware, particulièrement gourmand. Donc de disposer d’une batterie dernier cri. Hasard ou coïncidence ? Dans ce domaine également, les chercheurs de Tesla perfectionnent chaque jour la meilleure batterie Lithium-Ion du monde.

Dernier avantage clé de Tesla : l’entreprise d’Elon Musk est propriétaire des données générées par toutes les Tesla équipés de l’Autopilot, passées, présentes et à venir. De quoi nourrir l’apprentissage de l’IA de manière optimale.

Tesla est propriétaire du software, du hardware et des données

En résumé, voici les ingrédients qui nourrissent le futur leadership de Tesla sur les voitures autonomes : un logiciel et une IA (l’Autpilot) s’appuyant sur la meilleure technologie possible, l’ordinateur embarqué le plus puissant du monde (et de loin), une installation sur tous les modèles de la marque, un ensemble hardware, software et données dont le constructeur est intégralement propriétaire.

Tesla estime que son Autopilot sera opérationnel en condition réelle dès cette année. De quoi envisager le lancement de taxis autonomes dès 2020, si la législation le permet. Ce qui enterrerait, dans la seconde ou presque, le modèle économique d’Uber.

Le but d’Elon Musk : que toute personne envisageant l’achat d’une voiture électrique potentiellement autonome choisisse Tesla. Sur le modèle d’Apple. Une ambition qui donne des sueurs froides à tous les concurrents du constructeur…

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