Le pass sanitaire peut-il relever le secteur de l’événementiel ?

Le pass sanitaire peut-il relever le secteur de l’événementiel ?
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La fin du confinement a signé le retour des salons et des événements en tout genre, et les professionnels du secteur affichent un sourire sincère. Comme beaucoup de Français, ils ont rêvé de cette reprise d’activité, mise en pause depuis plus d’un an. “On revient de loin”, affirmait Julie Ranty, la directrice du salon Vivatech qui s’est tenu à Paris en juin 2021. Alors que certains acteurs redoutent encore une rentrée timide pour cause de variants, d’autres, à l’instar de Comexposium ou VivaTech, n’hésitent plus à programmer des événements en présentiel dès septembre, plaçant leurs espoirs dans le pass sanitaire rendu obligatoire par le gouvernement pour les rencontres de plus de 50 personnes.

Depuis le 21 juillet 2021, le “pass sanitaire” est désormais obligatoire pour accéder aux lieux de loisirs et de culture rassemblant plus de 50 personnes. C’est le cas des salles de spectacles, cinémas, salles de sports, festivals, parcs d’attraction… mais également des foires et des salons. Cette mesure mise en place par le gouvernement devrait permettre un retour progressif à une vie normale, et surtout la reprise de nombreuses activités, à l’arrêt pendant de longs mois.

Caméras thermiques, comptage automatique, respect des jauges… et pass sanitaire

Preuve de vaccination ou test PCR négatif de moins de 48 heures en main, il sera à nouveau possible de déambuler dans les allées des palais d’expositions, d’aller à la découverte de nouveaux partenaires et de nouer des contacts. En tout état de cause, le précieux sésame sera désormais indispensable pour les événements professionnels et autres salons grand public. C’est ce qu’a annoncé Emmanuel Macron lors de son allocution du 12 juillet dernier. Une bonne nouvelle pour le secteur de l’événementiel, dont le chiffre d’affaires s’est effondré de 75% l’année dernière.   

Et ce n’est pas tout : caméras thermiques, comptage automatique, respect des jauges, les mesures sont nombreuses pour empêcher la circulation du virus dans les lieux accueillant du public. Cependant, comme le précise Valérie Leroy, directrice du salon de l’Agriculture, “il y a encore beaucoup d’inconnues à lever”. “Nous ne prendrons pas et nous ne ferons pas prendre de risques financiers à nos exposants. Tout se jouera à la rentrée en fonction de la situation sanitaire. En attendant, nous planchons sur toutes les mesures à envisager pour organiser un salon qui ne pourra pas se tenir dans les conditions habituelles”, ajoute-t-elle.

Comexposium doit déjà réduire sa dette de près de 600 millions d’euros

De leur côté, les entreprises sont dans les startings-blocs. Selon un sondage mené par Leads, 75% d’entre elles ont l’intention de participer à un salon physique en France au cours de l’année. Mais les organisateurs de salons seront-ils capables de redémarrer au quart de tour ? Rien n’est moins sûr. Pour Comexposium (Salon de l’Agriculture, Salon de l’Étudiant etc.), le géant tricolore des salons, la reprise des événements physiques devrait bien avoir lieu… à condition que le groupe parvienne à assainir sa dette et reprendre le chemin de la croissance. Pas évident puisque jusqu’ici, la société ne fait que renouveler une procédure de sauvegarde devant le Tribunal de Nanterre, lui permettant de geler les remboursements et de repousser l’obstacle. Ses actionnaires, Predica et la Chambre de commerce d’industrie de Paris Ile-de-France, viendraient même de refuser d’accueillir de nouveaux actionnaires prêts à injecter 175 millions d’euros, au grand étonnement de la plupart des observateurs.

Pourtant, la reprise des événements représente un enjeu de taille pour l’entreprise, qui explique que “le networking dans les événements en présentiel est un atout fort : 493 milliards d’euros sont générés par les contrats qui y sont discutés ou signés chaque année, faisant du secteur événementiel un contributeur de premier plan de la reprise économique”. Dans le respect des gestes barrières, évidemment.

Salons hybrides

Conférences en ligne, visites virtuelles, multiplication des webinars… l’industrie de l’événementiel n’a pas cessé de se renouveler au cours de ces derniers mois, surfant sur la digitalisation et profitant des nombreuses opportunités offertes par le web. Les logiciels de gestion d’événements, sur le modèle d’Eventbrite aux Etats-Unis, ont fleuri. A l’instar de la société britannique Hopin, spécialisée dans les conférences virtuelles. Alors que la startup comptait 80 000 clients et moins de 10 salariés l’année dernière, elle emploie désormais 400 personnes. La raison ? L’organisation de “speed-dating” online, avec échanges de cartes de visites, halls d’exposition virtuels, espaces de discussions et de networking à distance, etc.

Les événements et salons sortent aussi enrichis de toute la palette d’outils développés à l’occasion du confinement. Beaucoup d’événements comme celui de Vivatech seront désormais hybrides. Ce qui permet d’élargir l’audience”, se félicite Julie Ranty. Du 16 au 19 juin 2021, c’est d’ailleurs en version hybride que Viva Technology a présenté sa 5ème édition, avec des conférences à la fois en physique et en distanciel, autour d’invités prestigieux, tels que Tim Cook, Mark Zuckerberg ou encore Thierry Breton. Ce rendez-vous incontournable de la technologie a pu rassembler plus de 1 400 exposants et être suivi en ligne grâce à la création de VivaTech News, disponible 24h/24.

Le pass sanitaire sera-t-il en mesure de relancer l’industrie de l’événementiel ? Oui, sûrement, mais les acteurs de ce secteur doivent également prendre en compte les nouvelles tendances,  accélérées par la crise du Covid-19, à l’image du digital.

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