Le CSA doit-il décompter le temps de parole des politiques sur Twitch ?

Le CSA doit-il décompter le temps de parole des politiques sur Twitch ?
Réglementaire

Le développement des plateformes de live streaming pose des questions épineuses de régulation du pluralisme politique. En effet, contrairement à la télévision et la radio, le Conseil Supérieur de l’Audiovisuel (CSA) ne décompte pas le temps de paroles des hommes et femmes politiques sur Twitch. Pourtant, la parole politique s’y fait de plus en plus présente.

Un temps de parole illimité pour les politiques de la majorité ? Impossible à la télévision et à la radio, mais possible sur Twitch ! Le CSA est en effet chargé de veiller au pluralisme politique sur les médias traditionnels, en décomptant le temps d’antenne de chaque bord politique.

Les chaînes Twitch des politiques n’entrent pas dans le cadre du pluralisme…

Ainsi, depuis janvier 2018, «  le pouvoir exécutif se voit réserver un accès à l’antenne correspondant au tiers du temps total d’intervention », et le reste du « temps total d’intervention est réparti selon le principe d’équité entre les partis et mouvements politiques qui expriment les grandes orientations de la vie politique nationale », expose le site du CSA.

En revanche, comme l’ont révélé nos collègues du Figaro, sur Twitch, pour les politiques, c’est « open bar » ! Pour les chaînes Twitch animées par des politiques, la position du CSA est similaire à celles des chaînes YouTube : elle ne remet pas en cause le pluralisme, puisque chaque internaute peut choisir ou non de regarder un contenu dont il connaît le contenu idéologique.

… mais les chaînes Twitch des journalistes politiques posent clairement problème

En revanche, quid des émissions politiques animées par des journalistes sur Twitch ? Récemment, Samuel Etienne, dont la chaîne Twitch ne cesse de gagner en popularité, a interviewé plusieurs personnalités politiques, dont le premier ministre Jean Castex. Rediffusions comprises, cette émission a été visionnée 630 000 fois. Elle s’intègre donc pleinement dans le paysage politique français… sans respecter le décompte du CSA !

La question est d’autant plus brûlante que la réussite de Samuel Etienne devrait donner des idées à d’autres journalistes. Et que dans le cadre d’une campagne électorale, le temps de parole est scruté avec un légitime pointillisme. Si Twitch permet de déséquilibrer le pluralisme du temps de parole, le CSA devra agir. Un joli dossier de plus à gérer pour l’autorité publique…

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