Danone mise sur l’IA pour l’après-Covid

Danone mise sur l’IA pour l’après-Covid
Innovation

La crise sanitaire a bousculé toutes les certitudes économiques, contraignant les entreprises à repenser leur manière d’exercer leurs activités pour assurer leur pérennité à long terme. Illustration avec l’engagement de Danone, qui mise sur des start-up spécialisées dans l’intelligence artificielle pour inventer un modèle agroalimentaire plus résilient.

Comment concilier rentabilité économique et durabilité écologique ? Véritable serpent de mer des controverses animant le débat public contemporain, la question intéresse à plus d’un titre les entreprises de l’agroalimentaire, dont le mantra pourrait être : comment continuer d’exploiter la terre et ses ressources sans les épuiser ? Au risque de compromettre sa propre existence, aucun acteur du secteur – de l’agriculteur au transformateur, en passant par les distributeurs et multinationales cotées – ne peut désormais se détourner de ces enjeux. Bonne nouvelle : loin d’être réservées aux entreprises du Web, les nouvelles technologies, comme l’intelligence artificielle (IA) ou le « cloud computing », peuvent être utilement mises au service d’une agriculture plus responsable, plus durable – et donc plus rentable.

Danone : « l’IA peut contribuer à la révolution de l’alimentation »

C’est dans cette triple optique que le groupe Danone s’est associé à Microsoft, pour lancer la troisième édition d’un ambitieux programme d’accompagnement de start-up, baptisé « AI Factory for Agrifood ». Spécialisées dans l’intelligence artificielle, six jeunes pousses ont été sélectionnées et accompagnées pendant trois mois par les deux géants de l’agroalimentaire et des nouvelles technologies. Objectif : encourager le développement de projets « au service d’une agriculture régénératrice (santé des sols, bien-être animal, accompagnement des agriculteurs), d’une alimentation durable, de la réduction des déchets et de l’optimisation des chaînes d’approvisionnement ».

Concrètement, les start-up participant à l’opération ont accès à « des cas réels dans des conditions exigeantes de qualité et de performance ». « L’intelligence artificielle peut contribuer à la révolution de l’alimentation par l’amélioration de nos systèmes agricoles et de nos chaînes de valeur alimentaires », argumente-t-on chez Danone, qui n’est pas la seule entité à miser sur le potentiel de l’IA. France Digitale, EIT Food, l’Institut national de recherche en sciences du numérique (Inria) et d’autres encore ont rejoint l’aventure. Mais quelles sont ces start-up qui pourraient, demain, bouleverser grâce à l’intelligence artificielle la manière dont est produite et consommée notre alimentation ?

Du gaspillage alimentaire à l’agriculture de précision, en passant par l’aide aux cultivateurs africains : les bénéfices bien réels de l’intelligence artificielle

Parmi ces six jeunes pousses, M-Cador, une société fondée en 2015, propose par exemple un moteur d’analyse d’images qui mêle plusieurs techniques d’apprentissage automatique – « machine learning » ou « deep learning » en anglais –, utilisable notamment dans l’agriculture de précision (alerte d’arrosage, détection de maladies, etc.). Comerso, quant à elle, ambitionne de fluidifier la logistique entre les magasins alimentaires et les associations caritatives, en mettant à profit la technologie RFID pour suivre la collecte des invendus, leur transport et leur redistribution. De son côté, la start-up Sowit se propose de venir en aide aux agriculteurs du continent africain, grâce à de la télédétection par drone ou satellite et de l’IA optimisant la fertilisation et l’irrigation des sols, ou encore les récoltes.

Connecterra, une jeune pousse créée par deux anciens ingénieurs venus de Microsoft, a développé une application d’aide aux agriculteurs qui, grâce à des capteurs et à l’IA, peuvent augmenter la productivité de leurs exploitations tout en réduisant leur empreinte écologique. Thegreendata propose des outils d’aides à la décision favorisant la durabilité des chaînes alimentaires, des agriculteurs aux groupes agroalimentaires. Enfin, Flowlity se fait fort, grâce à ses logiciels « intelligents », de diviser par deux les stocks de denrées alimentaires en synchronisant la chaîne d’approvisionnement entre fournisseurs et clients.

Autant de solutions innovantes qui contribuent, dans un monde post-Covid toujours plus incertain et marqué par de fortes attentes de la part des consommateurs, à rendre le système agroalimentaire plus résilient, moins soumis aux aléas et crises diverses. En misant sur ces jeunes pousses et les technologies d’avenir, Danone fait donc bien davantage qu’une simple opération d’image : le groupe assure, tout simplement, les conditions de sa pérennité à long terme.

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