Urgence sanitaire : l’impression 3D au soutien des services hospitaliers

Urgence sanitaire : l’impression 3D au soutien des services hospitaliers
Innovation

L’impression 3D a un rôle à jouer dans la lutte contre l’épidémie mondiale de Covid-19. De nombreux hôpitaux se sont ainsi équipés d’imprimantes 3D pour produire du matériel médical en pénurie. Un consortium international a également développé des solutions open source pour améliorer le fameux masque Easybreath de Decathlon. Et les industriels de l’impression 3D promettent d’autres équipements à court terme.

Début avril 2020, l’Assistance-Publique-Hôpitaux de Paris a installé 60 imprimantes 3D à l’hôpital Cochin. Elles fonctionnent depuis jour et nuit pour répondre à la pénurie de matériel médical. Ces imprimantes produisent ainsi en continu des visières de protection, des valves de respirateur ou encore des masques et du matériel d’intubation. De nombreux services hospitaliers, dans le monde, se sont équipés de la sorte pour répondre à leurs besoins de matériel médical.

Un consortium international crée un adaptateur pour le masque Easybreath de Decathlon

Mais les industriels et les chercheurs planchent également sur les moyens d’utiliser l’impression 3D pour répondre à grande échelle aux besoins du monde hospitalier. Le fameux masque de plongée Easybreath de Decathlon, utilisé dès le début de l’épidémie par des services d’urgence pour palier au manque de masques, a été ainsi upgradé pour devenir un véritable dispositif médical.

Une équipe pluridisciplinaire internationale d’ingénieurs, de médecins, de chercheurs et d’industriels, dont Decathlon fait partie, a ainsi développé un adaptateur pour ce masque de snorkling. « L’équipement est disponible dans différentes tailles pour s’adapter au mieux aux visages. L’adaptateur est universel pour toutes les tailles de masque EasyBreath. L’équipement fonctionne avec les filtres antiviraux/antibactériens standards disponibles dans les hôpitaux », détaille le consortium.

Un projet d’impression 3D open source, pour une plus large diffusion

En quelques jour, les chercheurs ont dessiné l’adaptateur, l’ont imprimé en 3D et l’ont testé. Son déploiement industriel vient de commencer. 25 000 adaptateurs sont prêts à être envoyés aux hôpitaux français qui en feront la demande : cet adaptateur permet en effet de transformer le masque de Decathlon en équipement de protection réutilisable.

Le projet est open source, si bien que les plans 3D sont disponible à l’adresse du consortium, pour permettre sa large diffusion. Attention, toutefois, il n’est utilisable qu’en milieu médicalisé, pour permettre de bonnes conditions de désinfection. Les particuliers ne doivent pas s’en servir.

Le kit 3D de Safran « couvre à la fois les besoins du personnel soignant et ceux des patients ventilés »

Safran, le géant français de l’aéronautique, de l’espace et de la défense, a également développé sa propre solution d’optimisation du masque de Decathlon. En partenariat avec l’Institut de Recherche Biomédicale des Armées (IRBA), le groupe a développé un kit imprimable en 3D.

« Equipé de cartouches de filtration antivirales disponibles en milieu hospitalier et de raccords et accessoires utilisés dans les services de soins intensifs, le masque Easybreath ainsi équipé du kit anti-Covid-19 couvre à la fois les besoins du personnel soignant et ceux des patients ventilés », précisent un communiqué de Safran et Segula Technologies, chevilles ouvrières de ce kit.

Mettre l’expertise de l’impression 3D au service des services hospitaliers

« Pour les soignants, il assure une protection en filtrant l’inspiration grâce à deux filtres placés sur les voies hautes et basses du masque dont l’efficacité est de 99,99 %. Pour les patients, la voie haute filtre l’expiration, ce qui limite la contamination de l’environnement et rend possible l’oxygénothérapie, la voie basse étant équipée d’un kit d’assistance respiratoire », complètent les chercheurs.

Là encore, les deux entreprises ont ouvert l’accès aux fichiers permettant l’impression 3D du kit. Mais Safran ne s’en tient pas à ce masque. Le groupe entend mettre son expertise de l’impression 3D au service des besoins des services hospitaliers.

Adapter des produits pour l’armée en dispositifs médicaux

Une filiale belge du groupe a ainsi fabriqué des pièces de rechange pour les respirateurs, une filiale américaine des plateaux métalliques servant au stockage et à la stérilisation des tests de dépistage du Covid-19.

Les équipes de recherche de Safran veulent également adapter les produits du groupe à un usage médical : un casque de protection pour les soldats dans un milieu contaminé pourrait devenir un masque médical de haute protection. Le groupe planche également sur un masque, imprimable en 3D et utilisant les cartouches filtrantes des masques à oxygène EROS réalisés par Safran Aerosystems.

On savait que l’impression 3D pouvait tuer. Désormais, on sait qu’elle sauve aussi des vies !

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