MWM, spécialiste français des applis musicales, lève 50 millions d’euros

MWM, spécialiste français des applis musicales, lève 50 millions d’euros
Financements

Rentable depuis 2018, la start-up française MWM, qui propose une quinzaine d’applications musicales, vient d’annoncer une levée de fonds d’importance, de 50 millions d’euros. L’entreprise veut prendre une nouvelle envergure, s’étendre aux domaines de la vidéo et de la photo, et, pour ce faire, pratiquement doubler ses effectifs.

MWM fait partie de ces start-up françaises qui ont su imposer un modèle économiquement viable, mais sans attirer à elle la lumière. La jeune pousse s’est lancé en 2009 dans le monde des applications mobiles.

MWM : un des premiers éditeurs mondiaux d’applications musicales

Dans un premier spécialisée dans le DJing, avec notamment la très populaire appli Edjing, MWM a depuis élargi son spectre à tous les usages musicaux sur smartphones : production, apprentissage, écoute, jeu… La start-up cumule en tout une quinzaine d’applications, disponibles en 14 langues, qui ont déjà atteint les 400 millions de téléchargements. Cette offre en fait l’un des plus importants éditeurs d’applications musicales du monde – et, bien entendu, le numéro 1 français.

Surtout, MWM est, depuis 2018, rentable, une petite rareté dans le monde des start-upeurs. Son modèle économique s’appuie sur des applis gratuites à l’installation, mais qui proposent des abonnements annuels ou à la semaine, des achats ponctuels (une leçon de musique par exemple), et une monétisation via de la publicité.

Une levée de fonds pour changer de dimension

Quelques petits objets destinés aux DJs (un bouton permettant de mixer avec le pouce, un accessoire facilitant le changement d’une tête de lecture…) complètent les revenus de la start-up. « Aujourd’hui, les applications génèrent 95% de notre chiffre d’affaires – dont 80% provient des abonnements », explique Jean-Baptiste Hironde, Pdg et cofondateur de la jeune pousse, qui ne souhaite pas révéler son chiffre d’affaire total.

Fort de ce succès, MWM entend désormais changer de dimension, en étendant son champ d’action. Elle vient, pour cela, de réaliser un tour de table de 50 millions d’euros, qui porte à 59 millions les fonds levés par la jeune pousse depuis sa création. Parmi les investisseurs, on retrouve Blisce, Idinvest Partners, Bpifrance via son fonds Large Venture, Aglaé Ventures ou Xavier Niel.

MWM veut s’ouvrir à la vidéo et à la photo

MWM veut utiliser ces fonds pour se frotter à d’autres domaines que la musique, en restant centrée sur les activités créatives. « Grâce à notre expertise acquise en développement et monétisation d’applications, nous voulons étendre notre catalogue à la créativité au sens large pour poursuivre notre croissance. Nous allons attaquer par la vidéo et la photo, car on peut facilement imaginer les liens avec la musique. En terme de chiffre d’affaires et de volume d’applications, ce sont des verticales plus importantes que la musique », précise Jean-Baptiste Hironde.

La jeune pousse emploie pour l’heure 70 salariés, entre son siège de Boulogne-Billancourt et ses bureaux bordelais. Mais, pour développer de nouvelles applications, notamment dans des nouveaux champs d’applications, MWM va avoir besoin de davantage de méninges, en particulier de développeurs, pour doper sa capacité de production.

Vers un doublement des effectifs d’ici la fin de l’année

La jeune pousse envisage donc de recruter 50 personnes supplémentaires d’ici la fin de l’année. Soit presque un doublement d’effectif en trois trimestres ! MWM pourrait également ouvrir de nouveaux bureaux, à Rennes, Lille ou Montpellier.

La start-up est clairement à la croisée des chemins. Son modèle a prouvé son efficacité dans un domaine précis, elle va s’attaquer à des secteurs voisins, en investissant et recrutant largement.

L’argent récolté lui laisse le temps de voir venir, mais cette volonté de croissance est un pari : en cas d’échec, les lendemains pourraient être douloureux. En revanche, si, comme l’espère son PDG, MWM arrive à s’imposer dans ces nouveaux secteurs beaucoup plus rémunérateurs, la jeune pousse pourrait incarner très rapidement l’une des plus belles réussites de la French Tech.

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