Luxe et digital : l’essayage virtuel révolutionne l’expérience client

Luxe et digital : l’essayage virtuel révolutionne l’expérience client
Innovation

Mannequin virtuel, reflet augmenté, copie 3D… En matière de luxe, le futur est déjà là.

Alors que le marché du luxe continue d’afficher une « insolante bonne santé » (+ 5 % en 2018, à 1 200 milliards d’euros, selon les chiffres du cabinet Bain & Company), les marques redoublent d’imagination pour attirer et fidéliser leurs clients, de moins en moins stéréotypés, de plus en plus connectés et toujours aussi exigeants.

Pour attirer des hommes et des femmes aux agendas très remplis et habitant aux quatre coins du monde, les enseignes misent notamment sur le web-to-store. Objectif : être proches des clients tout en se démarquant des sites e-commerce ordinaires.

Également désignée sous les acronymes ROPO (pour Research Online, Purchase Offline) ou ROBO (Research Online, Buy Offline), la stratégie du web-to-store permet à l’acheteur de réaliser ses premières recherches sur internet, avant de se rendre en point de vente pour effectuer son achat. Si le consommateur peut ainsi accéder, sur le site de la marque, à des services privilégiés et complémentaires aux produits, il peut par la suite obtenir des conseils personnalisés et essayer les produits en boutique.

A moins… qu’il ne décide d’essayer le produit chez lui ! L’essayage virtuel est en effet l’une des grandes tendances qui sont en train de révolutionner le marché du luxe en général et le service client en particulier.

Les applis se multiplient

Pour preuve : le succès de l’application Makeup Genius de L’Oréal ne se dément pas. Lancée en 2014, la première application du marché en réalité augmentée a été téléchargée 20 millions de fois. Développée par Image Metrics, une entreprises américaine spécialisée dans la réalité augmentée, cette appli bluffante permet à la cliente de scanner son visage et de tester toute une gamme de produits cosmétiques. « Il ne s’agit pas de mimer un rouge grossier ou un trait de liner quelconque… Il s’agit de porter virtuellement le maquillage L’Oréal Paris, de se rendre compte des résultats couleurs et matières », explique la marque.

Mais l’essayage virtuel ne concerne pas que le maquillage. Alors que la vente en ligne de vêtements explose (avec 3,7 milliards d’euros en 2017, Internet représente environ 13 % des ventes en ligne d’habillement, selon la Fédération de la vente en ligne), les applications permettant d’essayer des vêtements sur son smartphone se multiplient.

Si Fitle recommande la bonne taille en fonction de l’âge, la taille ou encore le poids de l’utilisateur, Fits.me va encore plus loin en permettant au client de visualiser les vêtements qu’il désire acheter en ligne sur un mannequin construit selon sa propre morphologie.

Mais la véritable révolution en la matière est sans doute le miroir intelligent Style Me, lancé par Cisco en 2012. Le reflet augmenté émis par ce miroir permet au client de se visualiser avec différents vêtements tout en bénéficiant de conseils personnalisés. L’appli Zeekit permet quant à elle d’uploader une photo pour se voir proposer des tenues idéales.

Emergence d’une « véritable expérience utilisateur , selon Guillaume Ryckwaert 

En Russie, l’agence AR Dorr, spécialisée dans les solutions de réalité augmentée, a lancé une cabine d’essayage virtuel permettant aux clientes de se voir à l’écran dans une copie 3D de la robe. De l’autre côté de l’Atlantique, la marque américaine Kylie Cosmetics a lancé son propre filtre embellisseur sur Instagram Stories. Il permet de tester virtuellement sept nuances de rouge à lèvres, d’assombrir les cils et les sourcils et d’ajouter un effet contouring.

Impressionnantes, ces innovations ne devraient cependant être que les premières d’une très longue série. Comme l’explique Guillaume Ryckwaert, l’évolution de la cosmétique de luxe dans les prochaines années sera marquée par l’apparition de produits plus naturels et de meilleure qualité, mais surtout par l’apparition d’une « véritable expérience utilisateur ». Pour l’homme d’affaires, « la réalité augmentée proposera des visualisations de soi maquillé (ce que font déjà les smartphones avec leurs filtres), qui permettront aux consommateurs d’acheter un maquillage personnalisé […]. L’offre de cosmétique sera probablement de plus en plus variée, compatible avec tout type de peau, de couleurs de peau. On a vu récemment l’émergence du maquillage pour hommes. Il en faut pour tous les genres et pour tous les goûts ». Dont acte ?

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