Lima, la start-up française au routeur cloud personnel, met la clé sous la porte

Lima, la start-up française au routeur cloud personnel, met la clé sous la porte
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Petit séisme dans l’univers de la French Tech. Une de ses plus belles pépites, Lima, ses 3,5 millions d’euros de levés, ses 60 employés, ses 80 000 clients en France et à l’international,vient d’annoncer qu’elle arrêtait l’aventure, faute de trésorerie. Ses 80 000 boitiers de « cloud personnel » seront bientôt inutilisables.

L’histoire de Lima, commencée en 2011, était pourtant belle. Nous l’évoquions voici un an et demi, à la sortie de la seconde version de son boitier Lima Ultra. La start-up avait été la première jeune pousse française à lever plus de 1 millions de dollars dans une campagne Kickstarter, en 2013.

Une success story qui forçait le respect…

Son produit était en effet à la fois simple, utile et diablement bien pensé. Il s’agissait d’un petit boitier, fonctionnant comme un routeur, relié à un disque dur et à une connexion Internet. L’utilisateur pouvait accéder aux données de ce disque à partir de n’importe où, pour peu qu’il dispose d’une connexion Internet. Le principe du cloud, sans le prix d’abonnement. Ou celui d’une connexion NAS, mais en (beaucoup) plus simple.

Son coté « clé en main » était également un vrai plus : le boitier Lima était immédiatement utilisable, dès sa sortie de boite. L’ensemble de ces avantages avaient su séduire investisseurs et clients. En 2014, la start-up a levé 2,5 millions de dollars auprès de Partech Venture pour se développer à l’international. La start-up fondée par Severin Marcombes avait ainsi pu embaucher 60 personnes, et se lancer dans une commercialisation à grande échelle.

Clap de fin annoncé le 12 février

L’entreprise possédait 80 000 clients, satisfait de leur boitier. Mais le 12 février, un billet publié sur Medium annonçait le clap de fin pour l’aventure Lima : « Malgré les efforts considérables déployés par l’équipe pour éviter cela, nous avons eu des problèmes de financement dont nous n’avons pas pu nous remettre. Comme vous le savez, nous sommes une startup – et cela arrive dans la vie d’une startup » y écrit Severin Marcombes.

Le ton du fondateur de la start-up est plutôt positif, se félicitant du chemin parcouru et de la réussite de la start-up – stoppée en plein vol par des soucis de trésorerie : « Nous sommes fiers des produits que nous avons fabriqués et nous pensons que le problème que nous essayons de résoudre est toujours gigantesque. Nous sommes contraints de nous retirer, mais nous espérons vraiment que l’innovation ne s’arrêtera pas dans ce domaine ».

Les boitiers Lima vont cesser d’émettre le 1er mars

Et si le jeune entrepreneur en profite pour remercier l’ensemble de ses clients « pour tout le soutien qu’ils nous ont apporté tout au long de cette aventure », ces clients auront une bien mauvaise surprise à partir du 1er mars. A cette date, Lima n’existera plus. Ses produits ne seront donc plus en vente mais, pire, tous les boitiers existants, privés des serveurs qui permettaient de les diriger les données du disque dur de l’utilisateur vers son point de connexion, cesseront de fonctionner.

Au-delà, ces clients vont devoir trouver une autre solution d’accès à distance à leurs données. Comme le boitier de Lima était seul sur son segment, ils devront probablement se rabattre sur des solutions cloud – ou sur des disques durs à transporter.

« Nous nous sommes bien battus »

Reste à savoir, également, comment Severin Marcombes va rebondir : se lancera-t-il dans une nouvelle aventure entreprenariale, et rejoindra-t-il les rangs d’une société plus installée, voire d’un grand groupe ? Le talent du jeune créateur n’est pas remis en cause par la chute de sa société, la qualité de ses produits étant unanimement reconnue.

« J’espère que, durant les sept années passées à construire cette compagnie, nous avons changé les choses pour le mieux. J’ai le sentiment que nous nous sommes bien battus » conclue Severin Marcombes, en forme d’épitaphe.

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