Renseignement : la French Tech contre-attaque

Renseignement : la French Tech contre-attaque
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Alors que le marché des logiciels de renseignement, privé et étatique, est largement dominé par l’américain Palantir, 22 entreprises françaises se sont réunies dans un cluster dédié, proposant des offres complètes, ayant de l’analyse big data aux data centers et aux drones de surveillance.

La France part à l’offensive sur les outils numériques de renseignement. Dans un monde globalisé et numérisé, les services de police et de renseignement ont besoin d’une offre solide et compétitive.

Un « Cluster Data Intelligence » de 22 entreprises françaises

En la matière, le marché mondial est dominé par les logiciels américains et israéliens, notamment le fameux Palantir, l’outil d’analyse big data de Pato Alto. Les services secrets français eux-mêmes sont sous contrat avec Palantir jusqu’au prochain appel d’offre, en 2020.

Mais la donne pourrait très vite changer. Ce jeudi 28 novembre 2018 a été présenté le « Cluster Data Intelligence », un groupe de 22 entreprises françaises spécialisées dans le renseignement. Le GICAT (Groupement des industries de défense et de sécurité terrestres et aéroterrestres) a mis en place ce « Cluster Data Intelligence » en 2016 : après 2 ans de travail conjoint, les 22 entreprises ont dévoilé une offre complète de traitement et d’analyse de données.

Flaminem, un Palantir à la française

Parmi ces 22 solutions complémentaires se trouve un concurrent solide à Palantir. Flaminem est une filiale de Baracoda, la start-up de Thomas Serval : composée d’une dizaine d’ingénieurs, elle est dirigée par Guillaume Prunier, l’ancien conseiller à l’innovation d’Emmanuel Macron au Ministère de l’Economie.

Flaminem propose un logiciel d’analyse big data dédié à l’investigation et à la recherche de suspects. Il est tout autant adapté aux clients privés (notamment les banques ou les assurances voulant repérer les fraudeurs) qu’aux services étatiques (police ou renseignement, tant pour la recherche de fraudeurs que de criminels ou de terroristes).

Une offre jouant sur la complémentarité des solutions et des logiciels

L’outil agrège des flux de données et, en fonction des besoins, repère des comportements suspects, des profils à risque, des manœuvres potentiellement frauduleuses. Pour l’heure, à l’inverse de son concurrent américain, Flaminem n’a conquis que des clients privés, et aucune agence étatique.

C’est tout l’intérêt de ce « Cluster Data Intelligence » : il met en avant la qualité de Flaminem (au moins équivalente à celle de Palantir), mais aussi sa complémentarité avec les outils développés par les 21 autres entreprises. L’idée est de proposer des packs de logiciels et de solutions, interopérables et fonctionnant ensemble vers le même but.

Supercalculateurs, géolocalisation, drones, analyses audio ou satellite…

Les agences étatiques peuvent ainsi faire leur choix parmi les technologies disponibles. Le géant Atos a développé des supercalculateurs dédiés au renseignement, qui peuvent d’intégrer dans les data centers de la start-up Critical Building – pour faire tourner au mieux Flaminem, par exemple.

Autres outils : la start-up Deveryware propose des services de géolocalisation en temps réel, Aleph-network des solutions pour explorer le dark-web, DIODON Drone Technology construit des drones de surveillance haute technologie. Au niveau des analyses de données, citons également Systran, qui décrypte les enregistrements audio, ou Geod4i qui détaille les informations contenues dans les images satellites.

« Nous sommes des triathlètes »

De quoi proposer une vrai plus-value par rapport aux logiciels américains ou israéliens, davantage mono-tâches : « Palantir n’est qu’un logiciel de big data, certes très performant. Mais nous sommes des triathlètes : nos offres vont du satellite au data center enterré en passant par les supercalculateurs » souligne Yannick Rolland, président du cluster et responsable de l’offre big data Atos Codex.

Il précise aussi que l’offre du « Cluster Data Intelligence » a l’avantage d’être plus récente, et donc plus moderne, et d’intégrer davantage d’intelligence artificielle.

S’imposer en France… et dans le monde !

L’objectif est bien entendu de convaincre le gouvernement français en 2020 – vue le soutien sans faille affiché par le président Macron à la French Tech, le cluster a de bonnes raisons d’être optimiste.

Mais les entrepreneurs voient plus large : « La France est un marché parmi d’autres. Si nous voulons du matériel performant, il faut amortir la recherche et développement dans d’autres pays » note Yannick Rolland. D’autres pays amis, bien entendu, ces technologies pouvant faire des ravages entre de mauvaises mains.

 

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