Meero, la start-up qui a révolutionné la photographie pro

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Trois ans d’activité, une place de leader mondial de son secteur, une croissance record, 66 millions de dollars levés : l’histoire de Meero a tout du conte de fée. La start-up de la French Tech a développé une solution révolutionnaire (et partiellement automatisée) de photographie professionnelle.

A l’origine de Meero, fondée en 2016 par Thomas Rebaud, un constat : la gestion de la photographie professionnelle, notamment en direction de l’immobilier et de l’hôtellerie-restauration, est trop nébuleuse et compliquée.

« A l’époque, j’avais été frappé par la complexité des process auxquels photographes et commanditaires font face : multiplication des interlocuteurs, des allers-retours, des logiciels de partage et de traitement d’image… » se souvient Thomas Rebaud.

Meero : simplifier, automatiser, faire baisser les coûts de la photo

Avec son équipe, le jeune entrepreneur décide de dépoussiérer le secteur. La ligne directrice : simplifier, automatiser, faire baisser les coûts. Le principe : proposer à des clients un service clé en main : une entreprise a besoin de photographies, elle les détaille et les commande. Meero les lui livre, souvent en moins de 24 heures.

La start-up a mis en place une plateforme regroupant aujourd’hui 38 500 photographes (3 500 en France). Ils ont suivi une formation pour correspondre aux critères drastiques imposés par Meero, qui cherche un rendu propre, élégant, professionnel – et homogène. La plateforme gère tout, choix du photographe, organisation du shooting, livraison des photos.

Une IA qui gère automatiquement la retouche des photos

La botte secrète qui explique le succès fulgurant de Meero est dans son système de retouche de photos. Créé en même temps que la start-up, le centre de computer vision de Meero a entraîné une intelligence artificielle spécialisée dans le traitement de reportages photographiques. En établissant, là encore, des critères, des normes, des visuels types.

Le résultat est saisissant : en quelques secondes, l’IA abat un travail qui prend habituellement des heures à un photographe. Avec un rendu qui satisfait dans l’immense majorité des cas les clients. Le tout à un prix cassé : 75 euros HT pour un reportage de 12 photos quand la concurrence est à 225 euros au minimum.

Prix cassés, qualité standardisée : le point de départ d’une success story

Tous les éléments de la success story sont en place. En trois ans, Meero s’est constitué un portefeuille de 31 000 clients, dont des noms prestigieux comme Uber, Just Eat, LVMH ou Accor.

Le cadre français est très vite explosé et la start-up s’étend à l’international. En multipliant son chiffre d’affaire par deux tous les trimestres, elle est devenu, en 3 ans, leader mondial de la réalisation de reportages photographiques.

En trois ans, Meero est devenu leader de son secteur

Cet été, Meero a réalisé un nouveau tour de table de 45 millions de dollars (38,7 millions d’euros), portant son total de fonds levés à 66 millions de dollars depuis sa création. Cet argent va permettre à la start-up de continuer de croître.

Elle emploie déjà 300 collaborateurs et envisage 500 nouveaux recrutements en 2019 – ce qui en fait l’une des start-up à plus forte croissance après trois ans d’activité. Un bureau va par ailleurs ouvrir à New York, où Thomas Rebaud devrait s’installer.

Un grand centre de recherche vient d’ouvrir à Paris

Si elle s’internationalise, son service de recherche et développement reste solidement arrimé à la French Tech. “Nous ouvrons le plus grand centre de recherche en computer vision (intelligence artificielle appliquée à l’image) au coeur de Paris” expose Thomas Rebaud.

Les effectifs R&D ont été doublé, dans le but d’améliorer encore l’algorithme propriétaire de Meero, afin de proposer des réponses toujours plus précises et rapides.

Restent quelques laissés-pour-compte : les photographes…

Cette réussite exceptionnelle conserve sa part d’ombre. La méthode Meero, qui ressemble beaucoup à celle des conciergeries travaillant pour Airbnb, n’est pas tendre pour les photographes. Elle impose des méthodes de travail standardisées, un renoncement à toute créativité et originalité, une réactivité à la seconde et un salaire médiocre.

Elle ubérise encore davantage une profession déjà fragile. Comme le douloureux revers d’un médaille extrêmement brillante.

 

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