Les nouvelles technologies donnent un second souffle au patrimoine

Les nouvelles technologies donnent un second souffle au patrimoine
Culture et droits d'auteur

Trop souvent menacé ou négligé, le patrimoine culturel de l’humanité devrait commencer une nouvelle vie grâce au numérique. Si les idées innovantes fusent, le rôle crucial des partenaires publics et privés se confirme.

Audiens

 

Poussiéreux ? Inaccessible ? Trop cher et éloigné ? Fini les excuses pour ne pas découvrir le riche patrimoine en France et dans le monde. Comme le soulignait récemment Le Parisien, le patrimoine est en effet « en train d’entrer de plain-pied dans l’ère numérique ». Selon le quotidien, « une bonne cinquantaine d’édifices prestigieux propose aujourd’hui des dispositifs de visites en réalité augmentée ou en réalité virtuelle ».

Située dans une vallée du Chablais, en Haute-Savoie, l’abbaye d’Aulps a rejoint la liste cet été. Depuis mi-juillet, le site cistercien propose des visites en réalité augmentée grâce à une application disponible sur smartphone, sur tablette et même via un casque de réalité virtuelle. Un dispositif qui « offre une occasion unique de redécouvrir le domaine monastique et de voir l’abbaye dans son intégrité telle qu’elle était ou que nous pensons qu’elle était », comme l’explique Loïc Hergott, médiateur culturel. L’expérience est saisissante : alors que personne n’avait vu l’abbaye entière depuis sa construction en 1823, le visiteur moderne peut découvrir en 3D et à 360 degrés l’un des plus importants monastères de la Savoie médiévale.

De son côté, le Centre des Monuments nationaux (CMN) permet de (re)découvrir « les 200 plus beaux monuments du patrimoine français » sur son site Monum. Vous pourrez ainsi visiter la grotte ornée de Font-de-Gaume, située sur la commune des Eyzies-de-Tayac-Sireuil, en Dordogne. Inscrite au patrimoine mondial de l’Unesco depuis 1979, la grotte abrite plus de 200 figures animales peintes et gravées. Le travail de numérisation en 3D, lancé par le ministère de la Culture en 2011, restitue l’intégralité des lieux et permet de les découvrir selon leur apparence actuelle et celle d’origine.

 

Protéger la culture

Afin d’étoffer la liste des monuments accessibles grâce aux nouvelles technologies, le CMN a récemment lancé son « incubateur du patrimoine », un programme qui accompagne les start-up innovantes dans le secteur. « Nous avions déjà travaillé avec des sociétés pour équiper les monuments de certains dispositifs. A un moment, nous avons estimé que nous ne devions plus être de simples clients passifs, mais développer des produits directement en collaboration avec ces start-up. Il s’agit d’une étape de plus dans le dépoussiérage de la perception du patrimoine », explique Philippe Bélaval, président du CMN, dans les pages du Parisien.

Comme le CMN, de nombreuses structures, publiques et privées, accompagnent les évolutions stratégiques dans un secteur en pleine mutation. Le groupe de protection sociale Audiens, référent social des professions de la culture, de la communication et des médias, était cette année partenaire de « Culture Num », une journée de réflexion organisée par le Festival d’Aix-en-Provence autour des nouveaux enjeux et des opportunités introduites par le numérique dans les industries culturelles.

Audiens, dont l’objectif est de protéger les professionnels du secteur tout en proposant des solutions innovantes adaptées à l’évolution de leurs métiers, est également à l’origine du Prix de l’initiative numérique Culture, Communication, Médias. Ce dernier récompense des entrepreneurs, des associations ou des étudiants qui sont à l’origine de projets numériques en lien avec les trois secteurs.

 

Rôle crucial

Car si les idées ne manquent pas, les dispositifs d’accompagnement et financement sont indispensables, les projets exigeant souvent des investissements importants. Fondée en 2013, la start-up française Iconem utilise des technologies innovantes, notamment la prise de vue aérienne par drone et la modélisation en 3D, afin de contribuer à la conservation du patrimoine mondial menacé par le pillage, l’urbanisation, les conflits armés ou encore le changement climatique.

Grâce aux reconstitutions réalisées par Iconem, il est désormais possible de visiter le Krak des Chevaliers, un château fort datant de l’époque des croisades et situé dans l’ouest de la Syrie. La société a également cartographié les trésors de Mes Aynak, site archéologique afghan situé à 35 km au sud de Kaboul.

Des projets ambitieux dont la réalisation aurait été impossible sans le soutien de nombreux partenaires, notamment l’École Normale Supérieure, l’Institut national de recherche en informatique et en automatique (Inria) ou encore Parrot, le numéro 2 mondial des drones, qui a investi 1,4 million d’euros en 2014. C’est peu, si on considère la valeur inestimable du patrimoine à protéger, mais beaucoup pour une start-up naissante. Le rôle crucial des mécènes et partenaires à travers le monde reste ainsi crucial afin de permettre aux génies des nouvelles technologies de donner un nouveau souffle au patrimoine de l’humanité.

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