Kodak va-t-il se sauver grâce à sa crypto-monnaie et sa blockchain ?

Kodak va-t-il se sauver grâce à sa crypto-monnaie et sa blockchain ?
Innovation

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Kodak, l’ancien géant de la photographie, qui a complètement raté le virage du numérique, vient de voir son action grimper de 120% en un jour – simplement en annonçant le lancement d’une blockchain associé à une crypto-monnaie dédiée aux photographes du monde entier. Volonté de surfer sur une technologie à la mode ou réponse à une véritable demande d’un milieu professionnel ? Décryptage.

Lue rapidement, l’information pourrait faire sourire, et donner le sentiment d’un pur opportunisme. Eastman Kodak, ancien leader mondial du matériel photographique au temps jadis de l’argentique, une maison vieille de 130 ans, revenue d’entre les morts après une faillite en 2012, vient de voir, pour la première fois depuis très longtemps, son action bondir en bourse.

« Blockchain » + « Crypto-monnaie », le combo de la mort

Car pour un bond, c’en est un : +120% en un jour. Comment cette vénérable entreprise, connue pour avoir parfaitement raté le virage de la photographie numérique et des technologies du XXIème siècle, a-t-elle réussi cette prouesse ? Deux mots auraient suffi. Deux mots magiques de nos jours. « Blockchain » + « Crypto-monnaie ». Le combo de la mort. Qui assure un tel bond à toute entreprise qui les prononce.

KodakCoin, c’est son nom, est-elle simplement une crypto-monnaie de plus, qui viendra s’ajouter au 1 400 déjà existantes dans le monde, espérant décrocher la lune atteinte par le BitCoin sans rien proposer de neuf ? Certains commentaires rapides peuvent donner ce sentiment. Kodak surferait sur la vague à la mode, pour tenter désespérément de faire parler d’elle et sortir de la nasse.

KodakOne, « un registre de droits de propriétés numériques et cryptés » pour les photographes

Mais si la réalité était, comme souvent, légèrement plus compliquée que cela ? Car cette crypto-monnaie sera adossée à une plateforme de gestion de droits d’image : baptisée KodakOne, s’appuyant sur la blockchain, elle offrira aux professionnels, photographes freelance et agences, « un registre de droits de propriétés numériques et cryptés, permettant aux photographes d’enregistrer leur production, nouvelle et ancienne, qu’ils pourront ensuite proposer sous licence », détaille Kodak dans un communiqué.

Et le moins que l’on puisse dire, c’est qu’une telle plateforme correspond bien à un besoin. Le registre ainsi créé serait infalsifiable, il permettrait aux photographes d’être immédiatement payés avec le KodakCoin – tout en permettant de vérifier que les images enregistrées sur KodakOne ne sont pas utilisées sans autorisation. Car les photographes souffrent, ces dernières années, d’une précarité grandissante – dans un monde qui n’a jamais utilisé autant de photographies, d’ailleurs souvent sans se soucier des droits d’auteur.

Une solution à un problème insoluble ?

«  Pour beaucoup dans le secteur de la technologie, « blockchain » et « crypto-monnaies » sont des mots à la mode, mais pour les photographes qui peinent depuis longtemps à garder le contrôle sur leur travail et sur la façon dont il est utilisé, ces mots à la mode peuvent être la solution à ce qui semble un problème insoluble  », a fort justement déclaré le PDG d’Eastman Kodak, Jeff Clarke.

La blockchain de KodakOne a été développée en collaboration avec Wenn Digital, et le KodakCoin, la crypto-monnaie associée à cette dernière, permettra aux photographes de faciliter la vente de leurs travaux. En effet, l’alliance d’une blockchain et d’une crypto-monnaie permet de crée des contrats intelligents, ou smart contracts, qui se déclenche automatiquement quand les conditions sont remplies, et ce, sans l’intervention d’une tierce personne.

Kodak, futur phoenix du numérique ?

Par exemple, une entreprise participant à cette blockchain pourrait utiliser une image d’un photographe, qui se retrouverait immédiatement payé par ladite entreprise en KodakCoin, sans aucune intervention des différents acteurs de cette transaction.

« Kodak a toujours cherché à démocratiser la photographie et à rendre les licences les plus justes possible pour les artistes. La blockchain qui donne à la communauté photographique un nouveau moyen de le faire », a ajouté Jeff Clark.

De quoi voir le phoenix, ancien roi de l’argentique, renaître de ses cendres sous le ciel du numérique ? C’est à souhaiter, tant pour les actionnaires de Kodak que pour la communauté des photographes du monde entier.

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