Des drones autonomes pour livrer des produits Amazon : rêves et dangers

Des drones autonomes pour livrer des produits Amazon : rêves et dangers
Innovation

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Une série de brevets récemment déposés par Amazon prouve que le géant du e-commerce progresse à pas de géants dans sa volonté d’automatiser au maximum sa livraison d’objets, notamment en utilisant des drones autonomes, envoyés depuis une péniche, un train, un camion. Une vision de science-fiction, mais en laquelle croit la firme américaine – au point d’envisager, par ce système, de collecter de nouvelles données sur les utilisateurs afin de leur envoyer des « suggestions ». Quand un beau rêve technologique se marie à une volonté d’en savoir toujours plus sur ses clients…

En décembre 2016, Amazon a effectué, avec succès, son premier vol d’essai d’un drone autonome pour livrer un produit directement chez l’acheteur, sans passer par un service postal, un transporteur ou un point de retrait – une double autonomie en quelque sorte. Le vol a duré 13 minutes, dans le ciel du Royaume-Uni, et a prouvé que cette option était viable.

Un vol d’essai réussi, une nuée de brevets déposés dans la foulée

Le service Recherche et Développement d’Amazon planche sur cette question depuis fort longtemps ; la firme veut même mettre en place un système pour réguler le trafic des drones, afin de rendre possible cette ambition. Mais, au-delà de ces cruciales questions de logistique et de législation, Amazon travaille également à de nouveaux outils pour lancer ses drones vers les logements des acheteurs. La firme vient de publier plusieurs brevets allant dans ce sens.

C’est en les consultant que des images de film de science-fiction surgissent : des bateaux, des trains, des camions, capables de laisser s’échapper, sans s’arrêter, des drones pour viser un logement en particulier, avant de les récupérer une fois le dépôt effectué.

Des drones sortant d’un train en marche : vision de science-fiction

L’autonomie des drones étant limité, l’idée est donc d’effectuer la plus grande part du trajet avec un véhicule « traditionnel » (péniche, train, camion), qui serait équipé d’une sorte de container renfermant les colis et les drones, ainsi qu’un atelier d’entretien. Ces véhicules sont appelés « véhicules intermodaux » par Amazon – car le container peut, dans l’idée, basculer d’un type de véhicule à un autre.

« Les véhicules intermodaux peuvent être couplés à des locomotives, des porte-conteneurs, des camions ou d’autres véhicules et équipés de systèmes pour charger un ou plusieurs objets sur le véhicule aérien et pour lancer ou récupérer le véhicule aérien pendant que les véhicules intermodaux sont en mouvement » détaille un des brevets. Les containers pourront être équipés de compartiments à différentes températures, et disposeront de bras mécaniques pour lancer et récupérer les drones.

Objectif numéro 1 : devenir leader d’un marché qui n’existe pas encore

Bien évidemment de brevet à une réalité technique, de (très) nombreux pas restent à franchir, mais Amazon semble déterminé à être le premier à se positionner sur ce marché naissant, et ainsi se poser en leader – voire en quasi-monopole. Preuve que la firme a déjà pensé à tout, elle a imaginé que ce service offrirait un moyen de collecter de nouvelles données personnelles.

En effet, le drone est équipé d’une caméra, qui lui permet de filmer les propriétés des acheteurs. Et le brevet d’Amazon imagine que ces images pourront être utilisées – uniquement à la demande du client, précise la firme, mais on connait les limites de ce genre de positions – pour lui faire des « recommandations ». En français courant : lui envoyer des publicités. Amazon propose quelques exemples.

Big Brother is watching you quand il vous livre…

« Par exemple, le ou les ordinateurs fournisseurs de service pourraient analyser les données et identifier que le toit y est en mauvais état et a besoin d’être réparé. Dès lors, le ou les ordinateurs fournisseurs de service pourraient générer et proposer une recommandation au client l’informant du problème et lui offrant un article ou un service approprié (par exemple une recommandation de service de réparation de toit). ».

Cet extrait d’un des brevets donne un vertige qui rappelle également des œuvres de science-fiction. 1984 reste d’actualité. Big Brother is watching you, même quand vous vous faites livrer un joli enfin hi-tech (ou un disque vinyle d’Eddie Cochran).

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