Des acteurs de l’audiovisuel mondial montent au créneau contre le streaming illégal

Des acteurs de l’audiovisuel mondial montent au créneau contre le streaming illégal
Culture et droits d'auteur

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Une telle union pouvait semble irréaliste voici encore quelques années : une trentaine de groupes concurrents, tous liés à l’industrie du cinéma, de l’audiovisuel et du divertissement, dont Netflix, Disney, Canal+, etc., viennent de s’unir. Leur objectif commun est de défendre la créativité face aux plateformes de streaming et de téléchargement illégal. Car, à terme, c’est bien la qualité des œuvres qui en pâtit, par la baisse des budgets.

C’est inédit, ce qui donne la mesure du problème auquel font face les géants du divertissement et de l’audiovisuel. Trente entreprises ont décidés de se réunir pour former The Alliance for Creativity and Entertainment (ACE) (« L’alliance pour la créativité et le divertissement », en français). Parmi elle la majorité des studios hollywoodiens, mais également des groupes de télévision du monde entier, comme Canal +, Netflix, HBO, la BBC ou Telemundo.

5,4 milliards de téléchargements et 21,4 visites sur les sites de streaming illégaux

Leur objectif est de lutter contre le streaming et le téléchargement illégal. En question : la défense d’une industrie et d’un système économique – et donc à la fois une défense de la qualité des œuvres et des emplois de ceux qui travaillent dans l’audiovisuel, menacés par l’explosion de ces accès illégaux à des contenus théoriquement protégés.

Car c’est bien la création audiovisuelle dans son entièreté qui est y ici attaquée : en 2016, 5,4 milliards de téléchargements illégaux ont été effectués dans le monde, et 21,4 milliards de visite sur des sites de streaming gratuit illégal. Ce n’est pas une goutte d’eau mais une vague, qui limite les revenus de tous les créateurs de contenus audiovisuels, à toutes les échelles, et qui aura des impacts sur les œuvres, leur financement et leur originalité.

Une créativité « riche mais qui n’a jamais été aussi menacée »

Car pour soutenir une création ambitieuse, il faut des moyens ; pour qu’elle perdure, il faut la protéger : «La créativité fait partie de l’ADN du Groupe Canal + depuis le début. Nous l’avons toujours encouragée et sommes fiers de soutenir de nombreux artistes et de nouveaux talents. Heureusement, nous vivons à un moment où la créativité est riche. Mais dans le même temps, elle n’a jamais été aussi menacée par le piratage, de plus en plus organisé, complexe et mondial. Pour faire face à ces nouveaux défis, notre industrie doit adapter sa réponse et trouver un moyen d’aborder des problèmes qui ne peuvent être gérés efficacement au niveau local ou régional. » détaille Jean-Christophe Thiery, PDG de Canal +, dans le communiqué publié par l’ACE. Il est vrai que la France, en la matière, est particulièrement mal protégée.

L’offensive que veut mener l’ACE vise en effet à défendre la créativité au niveau mondial. Une union de cette ampleur est nécessaire pour faire face à la complexité du piratage actuel – des fermetures de site de téléchargement, de torrent ou de streaming, pour efficace qu’elles soient ponctuellement, ne peuvent suffire.

Tous les acteurs de l’audiovisuel pâtissent de cette situation

Contrairement à ce qu’on pourrait trop facilement penser, ce ne sont pas uniquement les majors américaines qui souffrent de cet état de fait. Un groupe aussi reconnu et respecté pour ses choix et ses engagements que la BBC en pâtit cruellement : « BBC Worldwide investit, commercialise et met en vedette le contenu de la BBC dans le monde entier et défend la créativité britannique à l’échelle mondiale. C’est la pierre angulaire de notre entreprise et nous devons nous assurer que nous faisons tout notre possible pour l’assurer et le protéger contre le vol et la distribution illégale. L’initiative ACE est extrêmement importante à un moment où les habitudes de consommation de contenu évoluent rapidement et les méthodes de piraterie deviennent de plus en plus sophistiquées « . explique Martyn Freeman, Directeur Général du groupe britannique.

L’ACE rappelle que l’industrie audiovisuelle emploie, rien qu’aux Etats-Unis, 5,5 millions de personnes, et que l’originalité et la qualité des œuvres ont à la fois un coût et un prix, légitimes. Déjà forte d’un partenariat avec la Motion Picture Association of America, l’ACE explique qu’elle « travaillera en étroite collaboration avec les forces de l’ordre pour réduire le nombre d’entreprises pirates illégales, mènera des actions en justice et établira des relations de coopération avec les organisations nationales existantes de protection du contenu ».

La créativité s’épanouit quand elle se sait à l’abri du vol

Car il n’y a rien de plus démotivant, pour un artiste ou un créateur, que de savoir à l’avance que son œuvre sera pillée en toute impunité : « Pour que la communauté créative s’épanouisse vraiment, elle doit savoir que son travail sera à l’abri de vol. » conclue dans le communiqué Jonathan Anschell, vice-président exécutif de CBS.

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