Plus de la moitié des licornes sont de vieux poneys sans corne !

Aug 11, 2017
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Une brillante étude vient de démontrer que la majorité des « licornes », ces start-up valorisées à plus d’un milliard de dollars, ne méritent en rien leur appellation. Des survalorisations leur permettent de vendre du rêve, mais la fausse corne ne résiste pas à une pluie de réalité. Dur retour sur terre !

Devenir une licorne n’est pas seulement le rêve de jeunes filles fans de My Little Pony, c’est aussi celui de la majorité des start-up. Devenir une licorne, cela signifie atteindre le milliard de dollars de valorisation sans être cotée en bourse. C’est une étape symbolique, qui crédibilise une entreprise par les investisseurs qui la soutiennent et la fait changer de dimension.

Faire de la gonflette pour s’offrir une corne !

Alors, pour aider à cette métamorphose, certains n’hésitent pas à prendre un peu de colle ou de scotch afin de s’affubler d’une jolie corne. Mais la supercherie a été découverte : une étude, publiée le 11 juillet 2017, intitulée Squaring Venture Capital Valuations with Reality, démontre que plus de la moitié des « licornes » étudiées (116 sur 200) n’ont atteint ce milliard qu’en survalorisant les apports de certains investisseurs.

Des clauses spécifiques permettent à la start-up de gonfler certains investissements réels. Et l’on ne parle pas de quelques dollars : en moyenne, cette survalorisation, qui touche toutes les start-up, est de 49%. De quoi arracher quelques cornes.

Sans doute encore plus de fausses licornes en Europe qu’aux Etats-Unis

Les deux chercheurs responsables de l’étude, Will Gornall de l’université de Colombie Britannique, et Ilya Strebulaev de Stanford, expliquent que le manque de transparence des sociétés non cotées en bourse permet ces sémillants tours de passe-passe. Ils ajoutent que, si leur étude porte uniquement sur des start-up américaines, l’écosystème européen permettrait de gonfler encore plus facilement les valorisations.

Ils annoncent avoir mis sur pied un nouveau modèle financier, qui permet d’estimer “la juste valeur des sociétés financées par du capital risque” – et ne plus prendre des Rossinantes poussives pour de fringantes bêtes à corne.