Comment Dubaï veut devenir la première cité au monde basée sur la blockchain

May 3, 2017
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Dubaï vient d’annoncer son ambition de devenir la première ville au monde dont l’ensemble des services, des transmissions de données et de l’économie sont gérées par la blockchain : ce projet d’ampleur, s’il aboutit, renforcera la position de leader technologique de l’émirat et lui offrira de substantielles économies.

La ville de Dubaï est devenue, en quelques décennies, la cité phare des Emirats Arabes Unis, centre de commerce et de tourisme, aux projets architecturaux pharaoniques. Une métamorphose rendue possible par des moyens financiers qui semblent illimités et des taxes proches de zéro.

Aujourd’hui Son Altesse Sheikh Hamdan, le dirigeant de l’émirat, veut renforcer la position de la ville comme premier centre d’affaire de la région : il a pour cela mis en place, avec Smart Dubaï et Dubaï Future Foundation, The Dubai Blockchain Strategy, un projet d’envergure qui se propose de faire de Dubaï la première cité reposant sur la blockchain.

Une base de données cryptée et partagée, qu’on ne peut modifier

La blockchain est une base de données composées de blocs imbriqués et cryptés dont il est impossible de modifier ou supprimer la moindre information. Cette technologie est promise, depuis sa création, à remplacer à terme toutes les bases de données ayant besoin de sécurité et de sureté, notamment dans le domaine financier.

En effet la blockchain contient l’historique de tous les échanges effectuées entre ses utilisateurs depuis sa création ; cette base de donnée est sécurisée et distribuée, partagée par tous ses utilisateurs, sans intermédiaire. Chacun peut donc, à tout moment, vérifier ladite base de données.

Pour utiliser une image proposée par le mathématicien Jean-Paul Delahaye, la blockchain ressemble à « un très grand cahier, que tout le monde peut lire librement et gratuitement, sur lequel tout le monde peut écrire, mais qui est impossible à effacer et indestructible. »

Un milliard d’euros d’économies annuelles

C’est ce principe que l’émirat veut adapter à l’ensemble de son tissu urbain et, surtout, à l’ensemble de son économie : Dubaï veut ainsi se poser en leader dans l’économie intelligente et la technologie. L’adoption de la blockchain offrira également une économie de plus d’un milliards d’euros par an dans le traitement des documents.

Ainsi, dans les mois qui viennent, l’institut Smart Dubai organisera des rencontres avec les organismes gouvernementaux et privés de l’émirat pour identifier les services qui peuvent être renforcés par la blockchain, tout en informant sur les avantages de cette technologie.

Le ministère du Développement économique, l’agence gouvernementale qui organise et facilite l’installation d’entreprises à Dubaï, travaille déjà sur le transfert sur la blockchain de l’ensemble de ses données. « Ces données seraient disponibles pour d’autres entités de Dubaï, réduisant les doubles emplois et assouplissant et accélérant le processus de création d’entreprises à Dubaï », explique Mohammed Shael Al Saadi, chef de la direction du département pour la stratégie d’entreprise.

Trois piliers : l’efficacité gouvernementale, la création d’industries et le leadership international

Trois piliers essentiels soutiennent The Dubai Blockchain Strategy, explique le communiqué de presse de Smart Dubaï : « l’efficacité gouvernementale, la création d’industries et le leadership international ».

Concernant l’efficacité gouvernementale, le but est de gérer informatiquement sur cette base de données unique les 100 millions de documents que doit traiter le gouvernement, qu’il s’agisse de demande de visa, de paiement de facture ou de renouvellement de licence. La mise en place de la blockchain permettra de réduire de 114 tonnes la production de CO2 par rapport à un traitement traditionnel.

Le second objectif est de faciliter la création d’entreprises en leur proposant de bénéficier de la blockchain, de son efficacité et des économies qu’elle offre : Smart Dubai vise les secteurs de l’immobilier, de la fintech, de la banque, de la santé, des transports, de l’urbanisme, de la smart energy, du e-commerce et du tourisme.

Enfin concernant le leadership international, Dubaï se propose d’ouvrir sa blockchain aux administrations du monde entier, afin d’optimiser les séjours des voyageurs étrangers dans la ville. Ces derniers pourront entrer plus rapidement sur le territoire grâce à un passeport, des autorisations de séjour et des visas pré-approuvés, leurs permis de conduire et leurs locations de voiture seront également pré-approuvés, de même que leurs paiements numériques seront pré-authentifiés.

La mise en place de ce projet sera passionnante à suivre, car c’est une première mondiale : jamais la blockchain n’avait été expérimentée à aussi grande échelle. L’objectif est bien de faire de Dubaï la première cité intelligente du monde, reliée à cette technologie économique et infalsifiable. Affaire à suivre, donc.