États-Unis : Vizio condamné pour vol et revente de données personnelles

Feb 24, 2017
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Les téléviseurs connectés de la marque Vizio récupéraient les données personnelles des utilisateurs pour les revendre à des entreprises publicitaires, sans l’accord des clients : le constructeur vient d’être condamné à une amende de 2,2 millions de dollars.

Le lundi 6 février, le fabricant de téléviseur Vizio a été condamné à une amende de 2,2 millions de dollars (environ 2 millions d’euros), pour avoir collecté et revendu les données personnelles des utilisateurs de ses téléviseurs connectés, sans leurs accords. L’affaire a fait grand bruit aux États-Unis, où Vizio est un acteur incontournable de ce marché : un téléviseur sur cinq vendu aux Etats-Unis est de cette marque.

Une plainte du régulateur américain du commerce (FTC) et du procureur général du New Jersey est à l’origine de ce procès et de cette condamnation. Il a été avéré que Vizio collectait des informations sur les programmes visionnés par les utilisateurs, seconde après seconde, une pratique courante pour un appareil connecté.

Habitudes télévisuelles et adresses IP

En revanche, Vizio récupérait ces informations, les couplaient aux adresses IP des clients et les vendaient à des entreprises spécialisées dans l’agrégation de données. Munies de toutes ces informations, ces entreprises pouvaient proposer des publicités ciblées à des annonceurs, qui les envoyaient ensuite non seulement sur le téléviseur connecté de la personne, mais également sur son ordinateur, son téléphone, sa tablette…

Ces pratiques n’ont rien d’illégal en soit, mais elles nécessitent l’accord explicite des clients. Or Vizio a vendu ces données personnelles sans cet accord : des milliards d’informations ont été volées au profit du groupe. Vizio espère que cette condamnation, des excuses publiques et la garantie que les logiciels espions ont été retiré suffiront à racheter l’image de la marque.

Dans l’attente d’une réaction des consommateurs ?

Mais des associations de consommateurs américains pourraient se saisir de l’affaire. Une responsable de l’une d’elle, Anna Angeline, s’interroge : « Pourquoi le régulateur du commerce devrait recevoir les fruits de ce crime ? Les gens, les victimes, devraient recevoir une compensation ». Affaire à suivre donc.