La France, future start-up nation ?

La France, future start-up nation ?
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Malgré sa jeunesse, la French Tech se porte bien. N’en déplaise aux Cassandre qui annoncent la mort prématurée du secteur. Hubside, 360Learning ou encore ekWateur, figurent au rang de ces jeunes start-up très prometteuses. 

Les start-up françaises continuent de faire mentir les pronostics les plus pessimistes ! Pour un certain nombre d’analystes, l’Hexagone cumule en effet les handicaps, certains allant même jusqu’à dire que le pays qui a vu naître Blablacar, OVH Cloud et Doctolib « ne sera jamais une start-up Nation ».

« I want France to be a start-up Nation  »

« Un pays devient « start-up nation » suite à la congruence de différents phénomènes économiques, culturels et historiques. Devenir une start-up nation ne peut donc s’improviser comme ça, entre le fromage et le dessert », ironisent Arthur De Grave, Laurent Boudard et Irénée Régnauld à propos de la déclaration d’Emmanuel Macron lors de l’édition 2017 de VivaTech à Paris : « I want France to be a Start-up Nation… A nation that thinks and moves like a start-up », avait lancé le chef de l’Etat.

La volonté du président de la République pourrait en effet se heurter à un certain nombre de difficultés, telles que la tendance typiquement française de considérer l’entreprise « comme un ennemi », selon la formule de Michel Turin. Pour le journaliste économique auteur de Start-Up Mania (Calmann-Lévy), « nous restons prisonniers de nos contradictions internes. Comment peut-on imaginer, à la différence de ce qui se passe dans la Silicon Valley, que la fortune éventuellement apportée par la création d’une start-up couronnée de succès puisse être un moteur dans un pays qui réinvente aussi facilement la lutte de classes et réduit beaucoup trop souvent le débat politique au combat des riches contre les autres ? ».

25 licornes en 2025

Quelques chiffres récents devraient pourtant inviter ces analystes à la plus grande prudence. Avec plus de 800 millions d’euros récoltés (soit plus du double qu’en janvier 2019), la French Tech a réalisé en janvier 2020 le meilleur mois de son histoire. Quatre méga-levées de fonds ont été enregistrées en ce début d’année : 180 millions d’euros pour la plateforme de notation de la RSE Ecovadis, 125 millions pour le champion européen du bricolage et du jardinage ManoMano, 104 millions pour la fintech Qonto et 100 millions pour la space tech Kinéis. La French Tech a généré en un mois autant de méga-levées que sur l’année 2019 !

Certes, cela ne fait pas (encore) de la France une start-up nation à proprement parler, bien qu’elle possède déjà sept licornes (start-up valorisées à plus d’un milliard de dollars) : Veepee (ex Vente-privee.com), OVH, Blablacar, Deezer, Meero, Doctolib et Ivalua. Mais on peut raisonnablement penser qu’elle est engagée dans la bonne voie.

« La France a dépassé l’Allemagne en termes de taux d’attractivité d’investissements, les startups ont levé 5 Mds€ cette année, avec un ticket moyen par opération qui augmente, plus de 15 % entre 2017 et 2018 », se félicitait en février Kat Borlongan, directrice de la Mission French Tech. « Notre objectif, c’est toujours d’atteindre les 25 licornes en 2025 », ajoutait-elle.

Mais les success stories, qui ne cessent de se multiplier, sont sans doute un meilleur indicateur que les objectifs ambitieux des uns et des autres. Le cas de la plateforme Hubside est de ce point de vue exemplaire. Créée il y a à peine deux ans, la start-up française qui offre à tout un chacun la possibilité de créer et de personnaliser un site Internet en quelques minutes, vient de lancer un ambitieux nouveau service.

Avec Hubside Budget, rassembler tous ces comptes bancaires au même endroit

Il s’agit d’Hubside Budget, un service tout-en-un qui permet à ses usagers de réunir leurs comptes bancaires sur une même interface. « Rendre à nos utilisateurs la maîtrise de leur budget, afin de les aider à réaliser leurs projets est le fondement d’Hubside Budget. Le service offre un espace entièrement sécurisé qui permet aux utilisateurs de rassembler tous leurs comptes au même endroit afin de mieux contrôler leurs dépenses et leur budget », explique Alexandre Hampe, COO chez Hubside.

La société continue par ailleurs de faciliter la gestion de la vie numérique de ses clients grâce à son service traditionnel de création de sites Internet personnalisés. Moyennant un abonnement de 0 € à 15,99 € par mois, les utilisateurs peuvent créer un site de qualité professionnelle sans publicité.

Nouveau venu dans le paysage de la French Tech, Hubside est loin d’en être la seule success story. 360Learning (plateforme d’apprentissage collaboratif à destination des entreprises et organismes de formation), AB Tasty (plateforme d’optimisation du parcours client destinée aux équipes marketing), Agriconomie (plateforme de e-commerce et de services digitaux à destination des agriculteurs), CybelAngel (plateforme de cyber-sécurité spécialisée dans la détection des fuites de données) ou encore ekWateur (fournisseur d’électricité renouvelable et locale) ne sont que quelques exemples parmi d’autres de la bonne santé de la French Tech.

Réunies pour certaines sous le label FrenchTech 120, ces jeunes pousses constituent « un enjeu en termes de création d’emplois, car la dynamique French Tech est en train de devenir l’un des principaux moteurs de la création d’emplois en France avec plus de 25 000 emplois nets qui seront créés en 2020. C’est également un enjeu en termes de souveraineté, car notre économie a besoin de leaders mondiaux pour participer à la définition des standards de l’économie internationale et préserver notre modèle social », explique Cédric O, secrétaire d’Etat chargé du numérique. Qui oserait encore affirmer que la France ne sera jamais une start-up nation ?


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