Étude SFAM/IPSOS : les Français addicts à leur smartphone

Étude SFAM/IPSOS : les Français addicts à leur smartphone
Innovation

Comme le reste de la population mondiale, les Français n’ont jamais été autant accros à leur smartphone que maintenant, en particulier les jeunes. Retour sur les principales tendances relevées durant l’année écoulée par les enquêtes de la SFAM/IPSOS et d’App Annie.

À voir le nombre d’heures que les Français passent chaque jour sur leur téléphone mobile, il y a de quoi se demander comment tout ce temps était utilisé auparavant ! En 2019, nous avons battu des records d’utilisation de nos smartphones. Champions toute catégorie, les jeunes passent plus de quatre heures par jour sur leur appareil, selon une étude du cabinet américain App Annie. Ils sont surtout accaparés par les réseaux sociaux : Facebook, Whatsapp, Snapchat, Instragram et le nouveau venu TikTok, qui compte déjà plus d’un milliard de téléchargements à travers le monde. Les sites de streaming comme Youtube et Netflix ont aussi la part belle parmi cette tranche d’âge avec 21 % du temps passé sur le mobile. Et parmi les plus jeunes, peu ou presque échappent au tout-smartphone puisque 98 % de la génération Z en possède un. Auprès des adultes aussi, l’utilisation du portable n’a jamais été aussi généralisée. En France, les plus de 18 ans y passeraient près de 2h20 par jour, soit 32 minutes (27 %) de plus qu’en 2017. Là aussi, les réseaux sociaux (50 %) et le streaming (21 %) concentrent la grande majorité du temps de connexion devant les jeux (9 %). « La France a une appétence particulière pour la consommation de vidéo, notamment en replay », confirme Thierry Guiot, directeur d’App Annie pour l’Europe du Sud.

Être séparé de son smartphone, l’angoisse !

Les résultats de l’étude d’App Annie font écho à plusieurs autres sondages qui accréditent la dépendance croissante des Français à leur smartphone. Cette addiction porte un nom : la nomophobie, contraction de l’anglais « no mobile phone phobia». Elle n’est pas à prendre à la légère puisqu’une précédente enquête réalisée par la SFAM/IPSOS en février 2019 a révélé qu’une majorité de Français nourrissait une réelle inquiétude d’être séparé de son téléphone. En cas de perte, 63 % d’entre eux déclarent en effet se sentir angoissés, et un sur deux se sentirait violé dans son intimité. Pas étonnant, donc, que 95 % des propriétaires de smartphones prennent soin de leur appareil afin de les protéger d’un accident, d’un piratage ou d’un vol, d’après l’étude SFAM/IPSOS. Au rythme où nous les utilisons, le risque est bien réel. Un Français sur 10 déclare ainsi s’être fait dérober son téléphone durant l’année passée. En cas de casse ou de panne, la moitié d’entre nous sommes prêts à faire le nécessaire pour les réparer, et 10 % sont même disposés à dépenser plus de 200 euros pour cela. Toujours selon la SFAM/IPSOS, une personne sur trois souhaiterait également bénéficier d’un système anti-piratage. Des solutions de protection qui séduisent un nombre croissant d’usagers…

Applications : un marché en plein essor

Chez une part significative de jeunes, l’utilisation du smartphone est tellement frénétique qu’elle est source de troubles du comportement. Près d’un quart des jeunes Britanniques (23 %) entretiendrait ainsi une relation dysfonctionnelle avec leur mobile, a mesuré une étude du King’s College de Londres. Cet usage quasi-compulsif fait la fortune de certains éditeurs d’application, qui battent des records de ventes année après année. En 2019, 204 milliards d’applications auraient été téléchargées dans le monde, soit une hausse de 45 % en trois ans, selon le rapport State of Mobile 2020 d’App Annie. Si cet engouement est particulièrement fort dans les marchés émergents comme l’Inde (+190 %) et l’Indonésie (+70 %), il est plus mesuré en France. En 2019, les téléchargements d’application ont bondi de « seulement » 5 % pour atteindre près de 2 milliards. Mais les sommes dépensées sur les applications ont connu un bond plus important : +25 % par rapport à 2018 et +120 % depuis 2016. Au total, les Français y ont consacré plus d’1,5 milliard d’euros l’an dernier. Au niveau mondial, les jeux concentrent 72 % des sommes dépensées sur les applications, soit la bagatelle de 86 milliards de dollars (77,82 milliards d’euros). Et ce n’est pas prêt de ralentir : d’ici 2025, plus de 25 milliards d’appareils connectés devraient être en circulation sur la planète, soit près de deux fois plus qu’en 2018.

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