Étude SFAM/Ipsos : les Français veulent protéger leurs données

Étude SFAM/Ipsos : les Français veulent protéger leurs données
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Selon un récent sondage de l’institut de sondage Ipsos pour SFAM, alors que les smartphones prennent une place croissante dans la vie des Français, ces derniers sont de plus en plus soucieux de la protection de leurs données personnelles. Une préoccupation qui est aussi un nouveau marché porteur pour des acteurs français

Wiko et Qwant parient sur une alternative à Google Chrome

Le fabricant de téléphones Wiko, basé à Marseille et le moteur de recherche français Qwant se sont associés pour proposer une nouvelle version du smartphone d’entrée de game View 2 Pro qui proposera ce dernier comme navigateur internet par défaut. Une grande première, quand on sait que Google préinstallait jusqu’alors toutes ses applications (Google Chrome, Maps, Gmail, Drive…) sur les téléphones utilisant son système d’exploitation Android. Or, cet abus de position dominante a été sanctionné par la Commission européenne qui oblige désormais le géant américain à proposer aux fabricants de téléphones une version alternative d’Android, sans le navigateur Chrome.

Une opportunité saisie par Qwant, qui endosse le rôle de David face au Goliath californien — le moteur de recherche européen représente à peine 2 % des recherches sur Internet en France — mais qui mise sur une approche plus institutionnelle : ces derniers mois, Qwant est ainsi devenu le moteur de recherche par défaut des ordinateurs des collaborateurs de l’Assemblée nationale, de la région Île-de-France, du département des Hauts-de-Seine, de la ville Nice, de l’université de Nantes, ou encore de Safran et de France Télévisions.

La stratégie portée par Qwant met également en avant le respect de la vie privée des utilisateurs. Un argument de poids au moment où les chercheurs en cybersécurité de Check Point Software Technologies ont mis à jour l’infection de six applications disponibles dans le Play Store Google par un nouveau logiciel malveillant Android nommé PreAMO. Téléchargées plus de 90 millions de fois et proposées par la firme chinoise DO Global, ces applications cliquent sur de nombreuses annonces publicitaires à la place de l’utilisateur, permettant ainsi à leur développeur de toucher d’importants revenus.

Pour SFAM, les Français sont désormais aussi attachés à leur mobile qu’à leur vie privée

À l’occasion du Mobile World Congress qui s’est tenu fin février à Barcelone, SFAM — une société française de courtage, leader européen des assurances mobile et multimédia — a réalisé en partenariat avec Ipsos un sondage auprès des Français pour comprendre l’évolution de leur rapport au smartphone. Un outil qui a acquis une place centrale dans notre quotidien, à tel point que 39 % des sondés vont jusqu’à affirmer que perdre leur smartphone revient à perdre « une partie de leur mémoire » ou, pour 50 % d’entre eux, de leur vie personnelle. Une situation compréhensible quand l’étude nous apprend que près de 45 % des Français passent entre deux et six heures par jour sur leur précieux appareil, avec l’utilisation de nombreuses données personnelles (médicales ou bancaires, par exemple) qui en découle. Une situation problématique — par ailleurs mise en lumière par le scandale Facebook-Cambridge Analytica il y un an — dont semblent avoir pris conscience les Français puisqu’en tête du podium de leurs attentes pour le futur se trouve un système de sécurité antipiratage pour mobile (un souhait partagé par un tiers des sondés).

Une omniprésence du smartphone, véritable couteau suisse du 21e siècle, qui peut dans certains cas entraîner une certaine forme d’addiction. Selon le professeur Nicolas Franchitto, chef du service en addictologie au CHU de Toulouse, certains patients traitent leur téléphone comme un « e-doudou », avec la peur de la séparation qui en découle : celle-ci a désormais un nom, la nomophobie (un néologisme issu de l’anglais « no mobile phone phobia »). Une peur qui entraîne une augmentation des assurances contre le vol, auxquels ont souscrit un quart des propriétaires alors que 10 % d’entre eux en ont déjà été victimes.

Dans la mesure où le smartphone a acquis un caractère indispensable pour nos contemporains, les sommes que ceux-ci sont prêts à y investir — entre 500 et 1000 € lorsqu’ils sont obligés d’en acheter un neuf et, pour 10 % des sondées, entre 50 et 200 € en réparations — perdent leur caractère déraisonnable. Nul doute que ces résultats de l’étude SFAM – Ipsos ne feront qu’aiguiser les appétits de nos challengers nationaux face aux géants d’outre-Atlantique.

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