Les Français et leur smartphone : attachement ou addiction ?

Les Français et leur smartphone : attachement ou addiction ?
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La question intéresse de plus en plus les spécialistes, qui commencent à parler d’une nouvelle maladie : la nomophobie, soit la peur excessive d’être séparé de son portable.

C’est une peur qui envahit les Français et pourrait finir par dominer leur vie. Selon une enquête réalisée en février par Ipsos pour la société d’assurance SFAM, un Français sur deux considère que perdre son téléphone portable équivaut à perdre une part de sa vie privée. Pour 39 % des sondés, soit près de quatre Français sur dix, se faire voler ou égarer son portable reviendrait à perdre une partie de sa mémoire.

De plus en plus indispensable, aussi bien pour leur vie professionnelle que dans leur vie privée, le téléphone constitue une véritable source d’inquiétude pour de nombreuses personnes. La moitié d’entre elles affirme ne pouvoir s’en passer, tandis que 45 % estiment passer entre deux et six heures par jour dessus. Environ 6 % des interrogés y passent même plus de six heures !

Et que font-ils pendant tout ce temps ? La fonction appel demeure l’utilisation première du mobile (87 %), mais elle fait face à de redoutables concurrents, notamment l’appareil photo (56 %), les jeux (39 %), l’écoute de musique (37 %) et la messagerie (33 %).

Bien entendu, un outil aussi précieux et efficace exige des investissements importants. Selon l’enquête Ipsos-SFAM, 57 % des Français (et 63 % des Espagnols !) ont dépensé plus de 200 euros pour leur dernier mobile. Certains vont encore plus loin : 13 % des Français (et 23 % des Espagnols !) ont déboursé entre 500 et 1 000 euros pour leur dernier téléphone… un budget de taille.

 

« Véritable peur de la séparation »

 

Problème : avec ces dépenses, les inquiétudes augmentent elles aussi. Pas moins de 71 % des utilisateurs de smartphone victimes de vol et 63 % de ceux qui ont perdu le précieux objet, connaissent une anxiété décuplée à l’idée d’en être séparé, révèle l’étude IPSOS-SFAM. Les chiffres du vol sont en constante hausse. Plus d’un Français sur dix (13 %) s’est déjà fait dérober son smartphone alors que 25 % des victimes avaient souscrit préalablement à une assurance contre le vol.

L’attachement des Français à leur mobile se comprend facilement. Ils ne sont d’ailleurs pas les seuls puisque l’addiction au smartphone touche toutes les sociétés dans lesquelles leur usage est répandu. Puisque désormais tout peut se faire à partir d’un smartphone : consulter ses comptes, discuter, prendre des photos et les mettre en ligne sur des réseaux sociaux… Son usage peut vite devenir intensif. Seulement, un irrépressible besoin émerge entraînant une vraie peur de la séparation : la « nomophobie ».

Or, si l’addiction au smartphone n’est pas (encore) reconnue comme pathologique, le phénomène ne cesse d’attirer l’attention des scientifiques. En 2015, des chercheurs de l’université d’État de l’Iowa ont jugé utile d’établir un questionnaire permettant de mesurer cette « dépendance ».

Bientôt 3 millions d’accros ?

 

Selon les chercheurs, cette « phobie de l’âge moderne » est composée de quatre dimensions : ne pas être capable de communiquer, perdre ses liens, ne pas être capable d’accéder à l’information et renoncer au confort. Les symptômes qui en résultent (trouble de l’attention, anxiété…) seront de plus en plus de personnes éprouvées à l’avenir.

Mais le mal n’est heureusement pas sans remède. Des applications existent au téléchargement pour mesurer le temps passé à utiliser son smartphone par exemple ou pour supprimer entièrement les notifications « push » si attrayantes. Si dès le réveil vous ne pensez qu’à consulter votre smartphone ou si durant la journée ou soirée, vous consultez de manière compulsive votre smartphone, à l’affût d’un vibrement ou d’une notification, c’est qu’il est peut-être temps de s’accorder une vraie pause !

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