Streaming illégal francophone : un nouveau bastion tombe

Dec 26, 2018
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Les fermetures de sites de streaming illégal continuent de se multiplier en France. Le dernier en date est le méconnu (mais extrêmement populaire) HDS.to, qui vient d’annoncer qu’il cessait définitivement ses activités. Une bonne nouvelle pour la création francophone.

Certes, l’arsenal législatif de la France manque toujours de réactivité pour combattre efficacement le streaming illégal, notamment sportif. Mais sur le front des films et des séries, les efforts des défenseurs de la culture française et des droits d’auteur commencent à porter leurs fruits.

Les site star du piratage tombent les uns après les autres

Un à un, les autorités font tomber les sites qui dominent, à un instant T, le monde du piratage audiovisuel. Streamiz, LibertyLand, Zone-téléchargement, The Pirate Bay, T411, Voirfilms, 123Movies : la liste est longue des stars du téléchargement ou du streaming illégal a avoir été abattus par la justice.

Cela n’empêche pas des clones de réapparaitre rapidement : si certains de ces sites sont de pures arnaques, d’autres parviennent rapidement à proposer un catalogue d’oeuvres équivalent à leur prédécesseurs. Si bien que la pratique du streaming illégal demeure florissante.

Pour autant, ces coups de filet successifs laissent espérer qu’avec une législation plus réactive, ces clones ne tiendront pas longtemps. Et que les pratiques illégales deviendront de plus en plus dissimulées et occultes.

HDS.to, un site populaire, au secret plutôt bien gardé

D’une certaine façon, l’histoire du dernier site à avoir succombé, HDS.to, est exemplaire de cette mutation des usages. Contrairement aux autres sites évoqués, HDS.to était relativement méconnu du grand public. Il n’apparaissait pas en tête des recherches « streaming gratuit » sur Google. Il était affaire d’initiés.

Mais pour qui connaissait la combine, HDS.to proposait une mine d’or du piratage. Films et séries à foison, hébergés sur des serveurs rapides, avec peu de publicité. Un véritable paradis de l’illégalité. Au faîte de sa gloire, il s’incrustait régulièrement dans le top 20 des sites francophones les plus consulté.

Une mystérieuse fermeture

En novembre, le site a muté. Il a proposé à ses utilisateurs de créer un compte pour accéder aux contenus. Puis leur a demander de payer. Puis le site a fermé. Personne ne sait exactement ce qui s’est passé.

Dans des forums dédiés, des internautes évoquent la piste d’une opération policière, d’autres d’un hack du site par des cybercriminels voulant gagner de l’argent (ayant conduit les créateurs du site à demander sa fermeture définitive). Des théories encore plus fumeuses et fantaisistes circulent à ce sujet.

Message d’adieu des créateurs du site : « Ne payez jamais pour de l’illégal » !

Un message était affiché sur la page d’accueil du site, mettant en garde contre des clones payants et malhonnêtes : « HDS.TO est définitivement fermé. (…) Attention aux sites qui vous propose de souscrire à un VPN pour accéder au site, leur but est simplement de gagner de l’argent après votre souscription grâce au programme affiliation du site VPN. Merci de comprendre que le site est définitivement fermé et qu’aucune façon ne permettra d’y accéder. Merci de votre compréhension et adieu ».

Le plus ironique est sans doute la création, peu avant la fermeture définitive d’HDS.to, d’un compte twitter, qui fustigeait l’appât du gain malhonnête de tous les clones ou sites cherchant à faire payer les internautes. Certains tweets exhibent une sorte de morale de l’illégal, dans un esprit de pseudo-Robin des bois assez bancal : «  Les sites de streaming comme http://hds.to  qui vont jusqu’à proposer des formules payantes salissent l’image du Warez français. Ne payez jamais pour de l’illégal, vous trouverez toujours un équivalent gratuit ».

Morale de l’illégalité et efficacité de la chasse aux pirates

Le « Warez », c’est l’ensemble des sites proposant gratuitement des contenus protégés par des droits d’auteur. Pour les créateurs de HDS.to, le piratage est un art de vivre, avec ses bons et ses mauvais soldats, ses bons et ses mauvais sites, et une image de qualité qu’il ne conviendrait pas de salir.

Ce positionnement est emblématique d’une pratique illégale qui se drape dans une morale rassurante du « le gratuit, c’est bien », presque aussi vieille qu’Internet. Certes, quitte à frayer avec des voyous, autant le faire avec ceux qui ont un code d’honneur. Mais le fait que ces sites pour initiés finissent par tomber eux aussi montre que l’impunité n’existe plus.

Encore une fois, il faut que les pouvoirs publics se dotent de moyens d’empêcher les créations de clones et de sites miroir, il faut continuer à travailler au déréférencement de ces sites. Mais, malgré ces manques, tous les sites illégaux prenant de l’importance en France finissent par se faire attraper par la patrouille. Il reste à serrer de nombreuses vis. Mais la détection fonctionne.