Y Combinator : le worst of des développeurs !

Sep 3, 2018
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Un sujet sur un forum de développeurs américains demandent aux utilisateurs quelle est le programme le moins éthique qu’ils aient codé. Les réponses font souvent froid dans le dos…

Dans un contexte où la responsabilité des développeurs dans l’éthique des logiciels qu’ils codent se pose de plus en plus (un développeur peut-il refuser de travailler s’il estime que ce qu’on lui demande flirte avec la légalité ?), un sujet du forum HackerNews / Y Combinator a été repéré par nos collègues de Numerama.

Vendre une base de données défaillante, pour facturer cher son optimisation !

Il y est demandé aux utilisateurs, majoritairement des développeurs ou codeurs, quelle est la chose la moins éthique qu’ils aient fait au travail. Les réponses sont certes invérifiables, car anonymes, mais elles sont en général documentées et précises, laissant penser qu’elles sont authentiques.

Un développeur avoue ainsi que son entreprise installait sciemment un produit et une base de données sans optimisation ni index, si bien qu’en quelques mois, la base de données devenait terriblement lente. Un consultant était envoyé sur place, et à l’aide d’un script, il ajoutait un index, et le produit redevenait rapide. Ces interventions, qui réparaient un défaut laissé volontairement et qui auraient pu être réglé avant même d’installer le produit, étaient facturées très cher.

Un autre développeur raconte comment, au terme d’un gros projet industriel, un ingénieur qualité devait venir vérifier que tout allait bien. Or, le projet avait de nombreux défauts qui auraient été impossibles à résoudre dans le temps imparti. L’équipe a alors décidé de saboter certains aspects visible du projet (enlever un boulon, casser un tuyau…), pour que l’ingénieur repère ces défauts et ne se concentre pas sur les vrais problèmes.

Arnaque sur un site de micro-enchères

On retrouve également des cas classique d’arnaque, par exemple un développeur qui a travaillé pour un site de micro-enchères. Le principe, déjà discutable, était de proposer aux utilisateurs de faire des enchères d’un centime pour acheter des consoles, des télévisions ou des voitures. Chaque enchère coûtait à l’internaute 50 centimes pour être placée ; dès qu’une personne conservait la plus haute enchère pendant 60 secondes, elle remportait l’objet.

Ainsi, si un objet était vendu 500 dollars, le site avait engrangé 50 000 fois 50 centimes, assurant une forte rentabilité très rapidement. Mais cela, c’était la partie officielle et légale du site. Car les internautes n’avaient, en réalité, aucune chance d’obtenir l’objet en dessous d’un certain prix. Le développeur témoigne : « Problème : j’ai codé des bots qui enchérissaient automatiquement pour l’entreprise jusqu’à atteindre un certain seuil. J’ai quitté ce job après ça  ».

Mentir sur des produits toxiques, couvrir les activités illégales de son entreprise…

Autre réponse, plus choquante encore : un développeur s’est retrouvé à défendre l’utilisation de produits hautement dangereux, en trichant ouvertement pour les présenter comme plus rentables : « J’ai bossé pour une compagnie qui avait pour client l’agrochimiste Dow qui avait demandé une app pour faire la promotion de substances extrêmement toxiques. On parlait de trucs si toxiques que si des animaux mangeaient de l’herbe qui en avait reçu, les récoltes qui poussaient sur leur fumier n’étaient pas comestibles par l’homme. Nous avons également menti sur les calculs montrant combien un agriculteur pouvait économiser avec ces produits.  »

Un développeur avoue également avoir utilisé ses compétences pour supprimer l’historique des modifications de code de son entreprise, afin de dissimuler ses activités illégales, juste avant son rachat. Un autre a développé un logiciel permettant d’acheter, il y a 15 ans, des centaines de billets pour des concerts qui allaient être assurément complets – avant de les revendre plus cher…

Ce petit florilège prouve combien les développeurs peuvent être confronté à des problèmes moraux d’importance – et qu’y répondre éthiquement n’est pas toujours facile, surtout en début de carrière…