Le directeur du FBI s’insurge contre le chiffrement des smartphones

Oct 26, 2017
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Christopher Wray, le nouveau directeur du FBI, pointe le chiffrement des smartphones comme l’un obstacle majeurs aux résolutions des enquêtes de l’agence : d’après lui, la moitié des smartphones étudiés par le FBI sur les 11 derniers mois n’ont pu révéler aucun secret.

On se souvient de la passe d’arme entre Apple et le FBI, en 2016, suite à la tuerie de San Bernardino : le FBI avait voulu forcer Apple à déverrouiller les données de l’iPhone de l’un des tueurs. Mais l’entreprise n’a jamais voulu accéder à la demande de l’agence américaine, estimant que la protection des données personnelles primait sur toute autre considération.

Le nouveau directeur du FBI, Christopher Wray, nommé suite au renvoi de James Corney par Donald Trump, a relancé cette polémique, estimant que le chiffrement des smartphones était une véritable entrave au travail de l’agence. En 11 mois, sur les 6 900 smartphones récupérés par le FBI, l’agence n’a pu récupérer les données que de la moitié.

Le chiffrement des smartphones, « un énorme, énorme problème »

« C’est un euphémisme, mais c’est un énorme, énorme problème. [Le chiffrement] se ressent sur tout type d’enquête — drogue, trafic d’êtres humains, anti-terrorisme, groupes criminels, crime organisé, abus sur les enfants… » a ainsi déclaré Christopher Wray.

Seul problème, et de taille : ce chiffrement garantit la sécurité des données personnelles des utilisateurs. Et les alternatives sont peu nombreuses. Soit conserver le système actuel, avec une protection maximale – au point qu’aujourd’hui, de nombreux smartphones intègrent ce chiffrement à la base du téléphone, rendant les données inaccessibles jusqu’au constructeur, tel Apple.

Pas d’accès aux données sans backdoor

Soit installer des backdoors dans le système de chiffrement, qui permettraient certes aux autorités d’accéder aux données, mais au prix d’un affaiblissement général du chiffrement des smartphones – les rendant vulnérables à de nombreuses attaques.

Et, faute de proposer une autre alternative, les officiels et politiques qui se dressent contre ce chiffrement ne feront, probablement, que brasser du vent.