Plan Très Haut Débit : moins de fibre, plus de 4G pour Emmanuel Macron

Jun 26, 2017
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Emmanuel Macron vient d’affirmer que pour atteindre les objectifs du plan Très Haut Débit, il faudra sans doute utiliser la 4G en plus de la fibre optique et autres solutions filaires jusqu’ici exclusivement envisagées. Cela signifie, en sous-texte, que les efforts de couverture des opérateurs en 4G vont devoir grandement s’intensifier…

«  On ne la mettra pas partout jusqu’au dernier kilomètre dans le dernier hameau » a déclaré Emmanuel Macron, en déplacement à Verneuil-sur-Vienne, à propos de l’utilisation de la fibre optique dans le plan France Très Haut Débit.

Un plan en retard avec des coûts qui explosent

Ce plan a été mis en place en 2013 par le gouvernement Hollande : son objectif est d’atteindre en 2022 100% de foyers éligibles à une offre Internet à très haut débit. Son déploiement prévoit que 80% des foyers seront couverts par la fibre optique, et le reste avec d’autres technologies filaires comme le câble coaxial et le DSL sur cuivre.

Mais ce plan a pris un retard conséquent, et la Cour des Comptes estime par ailleurs que les évaluations de financement de 2013 n’étaient pas réalistes : le plan, en l’état, coûtera non pas 20 milliards d’euros mais 34,9.

Privilégier la 4G à la fibre dans les zones peu denses

Emmanuel Macron a clairement exprimé que le raccordement de l’ensemble du territoire avec la fibre prendra « des années, parfois des décennies ». Le nouveau Président de la République n’entend pas pour autant renoncer à couvrir l’ensemble de la population en très haut débit en 2022, il estime juste qu’il faut réduire le poids de la fibre dans la stratégie de déploiement : « Une solution mixte où on marie la fibre et les innovations technologiques qui permettent d’avoir la 4G à bon niveau partout » devra, pour Emmanuel Macron, être privilégiée.

Bien évidemment, l’installation massive de fibre optique ne sera pas ralentie, elle demeure la méthode privilégiée dans les villes, les zones d’activité et les immeubles. Mais dans les zones peu denses, en milieu rural, dans les hameaux, les opérateurs pourront renoncer à l’installation obligatoire de la fibre. Mais, en revanche, ils vont devoir redoubler d’effort dans le déploiement de leur 4G.

Les opérateurs télécoms pas pressés de couvrir l’ensemble du territoire français

C’est peut-être un message en sous-texte des déclaration d’Emmanuel Macron, d’autant qu’il a déclaré vouloir atteindre « accessibilité complète sous deux ans » en 3G et 4G. S’il voulait faire comprendre aux opérateurs de téléphonie que le cadre d’attribution des licences 4G allait se durcir, il n’aurait pas dit autre chose.

Ces licences imposent en effet que les opérateurs atteignent un taux de couverture du territoire, et notamment des zones peu denses, à des dates données. L’Arcep (« Autorité de Régulation des Communications Electroniques et des Postes) a la possibilité de remonter le taux de couverture ou de réduire les délais offerts aux opérateurs.

Les licences 4G comme moyen de pression ?

D’autant que l’autorité de régulation a récemment tancé les opérateurs, soulignant qu’ils se focalisent sur les villes pour le déploiement de la 4G et délaissent largement les zones peu denses. Car si en avril 2017 Orange, Bouygues, SFR et Free Mobile couvrent en 4G entre 80 et 89% de la population, ils ne couvrent respectivement que 55, 58, 59 et 45 % du territoire.

« Aucun ne couvre à ce jour plus des deux tiers du territoire avec cette technologie : l’Arcep veillera donc à ce que les opérateurs maintiennent leurs efforts afin que la 4G bénéficie au plus grand nombre sur l’ensemble du territoire », avait alors expliqué l’Arcep.

Si Emmanuel Macron veut effectivement que la 4G soit utilisée pour pallier la fibre là où elle est trop coûteuse, cela signifie qu’elle devra, par le biais de ces quatre opérateurs, couvrir l’ensemble du territoire habité. Et ce, d’ici 5 ans. La partie risque d’être serrée, mais les autorités ont moyen de faire pression sur les opérateurs pour atteindre leur objectif.